Pourquoi vous tombez malade : 4 enseignements du Dr Réginald Allouche

Podcast HealthWise, épisode 34 : Pourquoi vous tombez malade, avec le Dr Réginald Allouche

Chaque hiver, la même question revient : pourquoi certaines personnes enchaînent-elles rhumes et périodes de fatigue, tandis que d'autres semblent traverser la saison sans difficulté ? La réponse ne se résume pas à un seul nutriment ou à un système immunitaire « fort » ou « faible ».

Dans l'épisode 34 du podcast HealthWise, Noémie Jobard reçoit le Dr Réginald Allouche, médecin nutritionniste, ingénieur biomédical et auteur. Ensemble, ils explorent la notion de terrain biologique, les déséquilibres métaboliques qui peuvent s'installer sans bruit, le rôle du mouvement et la place des micronutriments dans notre alimentation.

Dans cet article, on décortique 4 points essentiels de cet épisode à retrouver sur toutes les plateformes de podcast et sur Youtube.

À retenir

  • La santé dépend de plusieurs facteurs : génétique, environnement, alimentation, sommeil et activité physique.
  • Des déséquilibres comme la résistance à l'insuline peuvent évoluer longtemps sans symptômes évidents.
  • Les vitamines C et D ainsi que le zinc contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire ; les compléments doivent rester adaptés aux besoins.
  • Les gestes les plus utiles se construisent dans la durée : bouger, dormir suffisamment, varier son alimentation et consulter lorsque c'est nécessaire.
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1. Pourquoi tombons-nous malades ? L'importance du terrain

Votre patrimoine génétique compte, mais il ne décide pas de tout. Le Dr Allouche invite à regarder aussi la façon dont notre organisme s'adapte au quotidien : notre âge, notre niveau d'activité et les sollicitations physiques ou intellectuelles. C'est ce qu'il appelle le terrain.

  • Le système lymphatique, un mécanisme essentiel pour évacuer les déchets : Le Dr Allouche rappelle que la lymphe circule dans tout le corps et transporte notamment des cellules impliquées dans l'immunité. À la différence du sang, elle ne dispose pas d'un cœur pour la propulser. La contraction des muscles, la respiration et les contractions propres aux vaisseaux lymphatiques participent à sa circulation. Les ganglions lymphatiques interviennent dans la surveillance immunitaire. Le mouvement est donc utile au quotidien, mais il ne « nettoie » pas à lui seul l'organisme des bactéries ou des virus.3
  • Les muscles, des alliés contre l’inflammation : « Nous sommes constitués de plus de 50 % de muscles et on ne s'en sert pas ou peu », souligne le Dr Allouche. Au-delà de la mobilité, les muscles actifs sécrètent des substances appelées myokines, dont certaines participent à la régulation de l'inflammation. Le médecin rappelle qu'avec l'avancée en âge, notamment après 55-60 ans, la masse et la fonction musculaires peuvent diminuer, jusqu'à favoriser une sarcopénie. Bouger et entretenir sa force sont des leviers pour préserver sa santé avec l'âge. On en parle plus en détail dans l'épisode 17 avec Alban Colot.
  • Le cerveau, un organe à stimuler tout au long de la vie : Pour le Dr Allouche, le cerveau est un organe à solliciter tout au long de la vie, particulièrement lorsque certaines fonctions évoluent avec l'âge. Apprendre une langue, jouer d'un instrument ou consacrer quelques minutes par jour à découvrir une nouvelle activité sont autant d'exemples pour stimuler la mémoire, l'attention et les capacités d'apprentissage. Ces activités ne garantissent toutefois pas, à elles seules, de prévenir une maladie neurologique.

2. Métabolisme : comment le terrain se dégrade avec le temps

Plus de 70 % des décès dans le monde sont liés aux maladies non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou certains cancers, d'après une synthèse publiée en 2019.1 Les données plus récentes de l'OMS évaluent cette proportion à 74 % en 2023.2

Part des décès mondiaux dus aux maladies non transmissibles en 2023

Maladies chroniques non transmissibles 74 %

Source : OMS, estimations mondiales publiées le 2 octobre 2026, données 2023.2 Cet indicateur ne mesure pas le risque individuel de tomber malade.

La particularité de certaines maladies métaboliques est qu'elles peuvent évoluer sans symptômes évidents pendant plusieurs années. Prédiabète, hypertension ou accumulation de graisse dans le foie peuvent ainsi être découverts lors d'un bilan médical. Attention toutefois : les maladies chroniques et les infections hivernales ne sont pas la même chose. Leurs causes et leurs mécanismes diffèrent.

  • L’insulino-résistance, un mécanisme central dans les maladies métaboliques : Le Dr Allouche la décrit comme la « mère de toutes les maladies métaboliques ». Lorsque les cellules répondent moins efficacement à l'insuline, la régulation de la glycémie devient plus difficile. Ce mécanisme est notamment associé au prédiabète, à certaines stéatoses hépatiques, au syndrome des ovaires polykystiques et à un risque cardiovasculaire accru. L'enjeu est de repérer suffisamment tôt les déséquilibres pour agir : selon leur stade et leur origine, certains peuvent s'améliorer avec une prise en charge adaptée.
  • Le sucre, un facteur à surveiller : Le médecin souligne la place du sucre ajouté dans l'alimentation et son rôle possible dans un excès d'apport énergétique et la prise de poids. Il évoque aussi le lien entre habitudes alimentaires et triglycérides sanguins, dont l'élévation peut accompagner des déséquilibres métaboliques. L'objectif n'est pas d'exclure tous les glucides, mais de surveiller leur qualité et de privilégier des habitudes durables avant que ces déséquilibres ne s'installent.
  • Sommeil et stress : un impact sur l’équilibre métabolique : Le manque de sommeil peut perturber les mécanismes qui régulent l'appétit, notamment ceux impliquant la ghréline, liée à la faim, et la leptine, liée à la satiété. Après des nuits trop courtes, certaines personnes ressentent davantage de faim ou une attirance accrue pour les aliments très sucrés. Associés au stress persistant, ces changements peuvent compliquer l'équilibre métabolique au quotidien.

3. Micronutriments et compléments alimentaires : faire le tri

Faut-il prendre des vitamines dès que les températures baissent ? Pas automatiquement. Le Dr Allouche évoque quatre familles de nutriments souvent associées à la santé immunitaire ou métabolique. Leur utilité dépend des apports alimentaires, des besoins individuels et, parfois, d'une évaluation médicale.

Actif Rôle & recommandations du Dr Allouche
Vitamine D Le Dr Allouche insiste sur sa place pendant l'automne et l'hiver. La vitamine D contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et au maintien des os et des muscles. Les besoins varient selon les individus : le chiffre de 80 % de personnes « carencées » évoqué dans le document ne décrit pas une prévalence établie de carence avérée en France.4
Vitamine C Le Dr Allouche évoque une prise de 1 000 mg de vitamine C dès les premiers symptômes. Son rôle reconnu est de contribuer au fonctionnement normal du système immunitaire et à la réduction de la fatigue. En revanche, prendre une forte dose après le début d'un rhume n'a pas montré de bénéfice constant contre l'infection.5
Zinc Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et à la protection des cellules contre le stress oxydatif. Le Dr Allouche évoque des cures de trois mois entrecoupées de pauses (« fenêtres thérapeutiques »). Ce schéma n'est pas une recommandation universelle : la dose et la durée doivent tenir compte des apports et des précautions individuelles.
Oméga-3 Les oméga-3 EPA et DHA participent à différentes fonctions physiologiques. Le Dr Allouche encourage à regarder aussi l'équilibre alimentaire et les apports en oméga-6. Il n'est toutefois pas nécessaire d'éliminer les oméga-6, qui sont également des acides gras essentiels ; mieux vaut examiner la qualité globale de l'alimentation.

Les rôles nutritionnels autorisés de la vitamine C, de la vitamine D et du zinc sont définis par le règlement européen (UE) n° 432/2012. Aucun de ces nutriments ne remplace une prise en charge médicale ni ne garantit d'éviter une infection.

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Sur ce sujet, le Dr Allouche rappelle que le dosage n'est pas le seul critère de choix : la forme utilisée, la biodisponibilité et le contexte individuel comptent aussi. Un complément peut aider à compléter des apports insuffisants ; il ne compense pas à lui seul un sommeil trop court ou une alimentation déséquilibrée.

4. Les réflexes d'hygiène de vie passés au crible

Avant de changer toute son alimentation ou de multiplier les compléments, certaines habitudes simples méritent d'être examinées. Dans l'épisode, le Dr Allouche revient sur l'air intérieur, le rôle du foie et l'intérêt de la prévention médicale.

  • Aérer son intérieur : Aérer régulièrement son intérieur permet de renouveler l'air, de réduire l'accumulation de certains polluants et de limiter l'humidité qui favorise les moisissures, particulièrement dans les logements trop calfeutrés en hiver. Cela ne remplace pas la ventilation adaptée du logement.
  • Respecter le foie : Le Dr Allouche insiste sur l'intérêt de laisser à l'organisme des périodes sans prise alimentaire, notamment pendant la nuit, et évoque le fait d'éviter de manger entre minuit et 5 h. Il faut toutefois préciser que le foie fonctionne et transforme des substances jour et nuit : il ne possède pas une fenêtre exclusive de « détoxification » à ces heures. Des horaires réguliers, une alimentation équilibrée et une consommation limitée d'alcool sont des repères plus solides.
  • Bilan de santé régulier : Un bilan peut aider à repérer des déséquilibres avant l'apparition de symptômes : glycémie, triglycérides, enzymes hépatiques ou, dans certains cas, marqueurs inflammatoires comme la CRP. Le Dr Allouche évoque une prise de sang annuelle ; en pratique, les examens à réaliser et leur fréquence dépendent de l'âge, des antécédents et des facteurs de risque, à déterminer avec un professionnel de santé. Tous les déséquilibres ne sont pas automatiquement réversibles.

Au fond, le message de cet épisode n'est pas de surveiller chaque détail de son corps, mais de privilégier des habitudes sur lesquelles nous pouvons agir : bouger régulièrement, mieux dormir, limiter les sucres ajoutés et prendre soin de son alimentation. Pour comprendre le raisonnement du Dr Allouche dans son intégralité, retrouvez l'épisode 34 sur la page podcast de Sunday Natural.

Notre invité

Le Dr Réginald Allouche est médecin nutritionniste, ingénieur biomédical, chercheur et auteur. Il s’intéresse depuis de nombreuses années aux mécanismes qui influencent notre santé et donne une place particulière à la prévention et à l’éducation nutritionnelle en intervenant régulièrement dans les médias. Il a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la nutrition et à la prévention qui sont aujourd’hui des best-sellers comme Le Sucre pour les Nuls, Sucre, l'ennemi public numéro 1, La nouvelle méthode anti-diabète, La méthode hépato-détox. On peut le retrouver sur Instagram et Youtube.

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FAQ : immunité, métabolisme et prévention

Pourquoi certaines personnes tombent-elles plus souvent malades ?

La fréquence des infections dépend notamment de l'exposition aux agents infectieux, de l'âge, de la vaccination et de l'état de santé. Le sommeil, l'alimentation et certains facteurs environnementaux peuvent aussi jouer un rôle. Tomber souvent malade ne signifie pas automatiquement manquer de vitamines.

Quels sont les signes d'une résistance à l'insuline ?

La résistance à l'insuline peut ne provoquer aucun symptôme spécifique. Un professionnel de santé peut évaluer le risque en tenant compte des antécédents, de l'examen clinique et, si nécessaire, d'analyses ciblées.

Quelles vitamines contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire ?

Les vitamines C, D, A, B6, B9 et B12, ainsi que le zinc, le fer, le cuivre et le sélénium, jouent un rôle reconnu dans le fonctionnement normal du système immunitaire. Une alimentation variée reste la base ; une supplémentation se choisit selon les besoins.

Faut-il faire une prise de sang chaque année ?

Pas nécessairement. Les examens de prévention dépendent de l'âge, des antécédents, des symptômes et des facteurs de risque. Un professionnel de santé peut déterminer quels contrôles sont pertinents et à quelle fréquence les réaliser.

Cet article résume un échange à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Les propos de l'invité sont présentés dans leur contexte et nuancés lorsque les données disponibles le nécessitent. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée. Respectez les précautions et doses indiquées sur les fiches produits. En cas de maladie, de grossesse ou de traitement, demandez un conseil adapté.

Sources

  1. Manus J.-M. Dix menaces à la santé mondiale en 2019. Revue Francophone des Laboratoires, 2019. PubMed Central.
  2. Organisation mondiale de la santé. New WHO estimates show changing global health landscape, 2 octobre 2026. OMS.
  3. StatPearls / NCBI Bookshelf. Physiology, Lymphatic System. NCBI.
  4. Santé publique France. Étude Esteban 2014-2016 : dosages biologiques des vitamines et minéraux. Santé publique France.
  5. Cochrane Complementary Medicine. Vitamin C and the common cold. Cochrane.
  6. Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires.

Episode 34 - Réginald Allouche
[Dr Réginald Allouche] (00:00)
Quand vous avez peur d'être malade, à ce moment-là, vous avez les symptômes. Mais l'IA, quand vous lui posez des questions sur les symptômes, elle, elle ne vous voit pas. Elle ne vous ressent pas.
(00:11) Les virus ont horreur de la vitamine C. La mère de toutes les maladies métaboliques, c'est la résistance à l'insuline. La santé, c'est le seul capital que vous ayez, que vous ne pouvez pas racheter.
[Noémie Jobard] (00:23)
Bienvenue chez Healthwise, le podcast présenté par Sunday Natural, qui nourrit votre santé, votre corps et votre esprit. Je m'appelle Noémie Jobard, et ensemble, on explore tous les moyens d'être ou de rester en bonne santé. Médecine, sport, nutrition ou santé mentale, autant de sujets qu'on aborde ici, avec les conseils avisés d'experts au service de votre bien-être. Un épisode, une thématique.
(00:44) À l'aube de l'hiver, on dort parfois moins bien, on voit moins le soleil, on mange moins coloré et on croise des collègues qui toussent dans les couloirs. Et face au même virus, on n'est pas tous égaux.
(00:56) Il y a celles et ceux qui ont l'impression de ne jamais tomber malade, les personnes qui attrapent tout ce qui se passe, il y a celles et ceux qui sont toujours en train de récupérer d'un truc, celles et ceux qui vivent avec la peur de tomber malade, et puis il y a les personnes qui constatent qu'avec l'âge, leur organisme ne réagit plus tout à fait comme avant. Alors pourquoi tombe-t-on malade ? Et surtout, pourquoi certaines personnes résistent mieux que d'autres ?
(01:20) Pour répondre, il faudrait probablement regarder trois choses. Premier élément, c'est ce qu'on rencontre. Un virus, une bactérie, un agent extérieur.
Jusque-là, je ne vous apprends rien de nouveau.
(01:31) Ensuite, c'est l'état dans lequel on est au moment de la rencontre. Et c'est là que ça devient intéressant.
(01:36) Notre organisme est une machine à s'adapter. Il régule sa température, mobilise son immunité, répare, récupère. Mais cette capacité d'adaptation n'est pas la même chez tout le monde.
(01:47) Elle dépend de notre âge, de notre sommeil, de notre activité physique, de notre stress, de notre histoire, de notre patrimoine génétique. Bref, c'est ce qu'on appelle le terrain. Et ce terrain, sur la durée, c'est lui qui semble décider aussi des maladies les plus sérieuses.
(2:04) Selon l'OMS, 70 % de la mortalité dans le monde est due aux maladies chroniques, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Ces maladies-là ne tombent pas du ciel. Elles se construisent pendant des années.
(2:18) Et pour la plupart, elles sont largement évitables. Et donc, elles se préviennent. Reste le troisième élément.
(2:24) C'est ce que ça nous coûte. Quand ces adaptations de l'organisme sont trop fréquentes, trop intenses, et qu'elles durent trop longtemps, l'organisme peut s'épuiser. Et un organisme épuisé, c'est un terrain qui s'abîme petit à petit.
(2:37) Je vous parle de tout ça. C'était pour vraiment vous ramener à la vraie question de cet épisode. Et si la prévention consistait à préserver ce terrain plutôt qu'à éviter une maladie, quels sont les mécanismes derrière le fait d'être malade et qu'est-ce qu'on peut faire à notre échelle ?
(2:54) Pour discuter avec moi aujourd'hui, j'invite le Dr Réginald Allouche. Bonjour.
[Dr Réginald Allouche] (2:58)
Bonjour.
[Noémie Jobard]
Merci d'avoir répondu à mon invitation.
[Dr Réginald Allouche] (3:00)
Merci de m'avoir invité.
[Noémie Jobard] (3:02)
Ça fait très plaisir que vous soyez là. Vous êtes médecin nutritionniste, ingénieur biomédical, auteur-chercheur et vous étiez également enseignant dans le passé. Oui.
(3:10) Vous vous intéressez depuis de nombreuses années aux mécanismes qui influencent notre santé et donnent une place particulière à la prévention et à l'éducation nutritionnelle en intervenant régulièrement dans les médias. Vous avez écrit plusieurs ouvrages. On en a quelques-uns là aujourd'hui avec nous.
(3:27) Des best-sellers comme la Nouvelle méthode anti-diabète, la Méthode hépato-détox, et aussi Sucre, l'ennemi public numéro 1. Et dessus, il y avait marqué « Agissez avant qu'il ne soit trop tard ». Je pense que ça va faire écho à notre épisode d'aujourd'hui, vous m'en direz plus.
[Dr Réginald Allouche] (3:42)
Il y a le petit dernier.
[Noémie Jobard] (3:43)
Et le petit dernier qui vient de sortir ou qui est déjà sorti ?
[Dr Réginald Allouche] (3:46)
Qui est sorti hier soir.
[Noémie Jobard] (3:47)
C'est incroyable.
[Dr Réginald Allouche]
Je vous fais la primeur. En fait, ce livre, c'est le Sucre pour les nuls. Tout le monde connaît la collection.
(3:54) Et je me suis permis une petite citation. Vous savez, on met toujours une petite citation. Alors là, je n'ai pas pris les citations d'un grand philosophe, mais d'un ami de mon père qui disait une chose très, très sage.
(4:09) Il disait « Les problèmes dont on ne s'occupe pas finissent toujours par s'occuper de vous. » Et en fait, la prévention, c'est ça. C'est-à-dire qu'on peut avoir peur de la maladie.
(4:20) On peut se dire que les choses iront mieux. Mais en fait, la réalité, c'est qu'on vit dans un monde où il y a de plus en plus de simulations, soit positives, soit négatives. Et que si on ne s'occupe pas de sa santé et si on ne se préoccupe pas de la conserver, à ce moment-là, l'organisme va rentrer dans la maladie.
(4:41) L'organisme peut rentrer dans la maladie de plusieurs façons. Il peut rentrer de façon très progressive, très insidieuse, sans aucun symptôme, ce qui est le propre de beaucoup de maladies aujourd'hui. Soit c'est un problème qui devient aigu, qui nécessite parfois une hospitalisation ou en tout cas qui transforme la vie.
(4:59) Mais ce qui est important, c'est que la santé, c'est le seul capital que vous ayez, que vous ne pouvez pas racheter. Vous pouvez être immensément riche. Tout votre argent ne vous servira pas à retrouver la santé perdue.
(5:14) Donc, s'il y a une chose qu'il faut préserver plus que son compte en banque, je dis bien plus que son compte en banque, c'est sa santé. Et pour ça, il faut comprendre. Et pour comprendre, il faut écouter des podcasts comme ça.
(5:24) Il faut se renseigner. Il faut lire et faire confiance à son médecin traitant. Il faut aussi analyser la réalité.
(5:31)Parce que beaucoup de gens ne se rendent pas compte de leur propre réalité de vie. Donc, je pense qu'on va en discuter.
[Noémie Jobard] (5:37)
C'est très bien.
Et vous, vous prenez soin de votre santé.
Du coup, le dimanche, par exemple.
[Dr Réginald Allouche] (5:41)
Le dimanche, moi, je vais nager. Je nage le dimanche. Je vais dans une piscine.
L'avantage, c'est qu'il y a un petit bar. Je prends mon petit café. Je lis mon journal.
Je prends du temps pour moi. Parce que vous vous apercevez qu'on est très occupé. Et au fond, tout ce qui est extérieur devient prioritaire par rapport à sa propre vie.
(6:03) On donne beaucoup. On donne beaucoup. Et à ce moment-là, on s'oublie.
Et quand on s'oublie, lui, le corps, il a besoin d'attention. Une règle simple. Vous avez cité tout ce qui peut arriver dans la vie.
(6:17) Le problème du sommeil, du stress, d'alimentation transformée. La liste, elle est très longue. Mais pour moi, le premier problème, c'est qu'on a oublié que nous sommes constitués de plus de 50 % de muscles et qu'on ne s'en sert pas ou peu.
(6:34) Donc la sédentarité, c'est le vrai grand problème. Le français des années 60 n'a plus rien à voir avec le français des années 2026. Et ça, il faut que les gens en prennent conscience.
(6:46) Et donc, on a urbanisé. Aujourd'hui, la plupart des gens vivent dans les villes. Mais les villes, pour nos urbanistes, qui sont très doués, ils ont oublié qu'il nous faut des espaces verts, qu'il nous faut des stades, des stades ouverts aux bonnes heures.
(7:01) D'accord ? Des piscines ouvertes aux bonnes heures. Parce que c'est un parc.
(7:06) Ici à Paris, c'est un parcours du combattant. Aller au petit stade qui est dans le septième là. Essayer de rentrer maintenant pour aller courir.
(7:12) Parce que c'est une piste en tartan. Quand on a 40, 50 ans, on a parfois mal au dos. On a parfois mal aux articulations.
Donc courir sur une piste qui est du tartan. Vous savez, le tartan, c'est un peu mou. Mais ça permet de ne pas avoir mal au dos.
(7:26) Mais allez-y, à cette heure-ci, vous n'irez pas. D'accord ? Donc en fait, on a complètement oublié l'importance des muscles.
(7:34) Et j'insiste sur une chose. Vous avez parlé de tomber malade, pas tomber malade. On a bien entendu un système immunitaire qui dépend de notre lignage génétique.
(7:45) On hérite de ses parents et de ses grands-parents. Il y a une chose qui permet de changer un peu la donne. C'est le système lymphatique.
(7:52) Nous avons 7 à 8 litres de lymphe. C'est ce liquide transparent qui circule partout dans votre corps. Mais pour circuler, il n'y a pas de cœur.
(8:04) Donc la seule façon de faire circuler sa lymphe, c'est de faire de l'exercice. Et qu'est-ce que c'est la lymphe ? C'est la poubelle.
(8:13) Donc par exemple, une personne sédentaire et une personne qui fait de l'exercice, la lymphe va circuler 40 fois plus. C'est celui qui bouge. Donc ça veut dire que vous vivez dans un cas, dans une ville où on ramasse les poubelles une fois tous les 40 jours et dans l'autre, une ville où on ramasse les poubelles tous les jours.
(8:33) Je vous laisse juste imaginer celle des 40 jours. Et cette lymphe, qui va nettoyer cette lymphe ? Puisque les cellules, en fait, si vous voulez, elles prennent.
(8:42) Je suis désolé de rentrer tout de suite dans le détail, mais on va droit au but. Il y a les artères qui vous amènent l'oxygène, les nutriments, et ainsi de suite. Et les veines où vous mettez le gaz carbonique et certains déchets.
(8:53) Mais la plupart des déchets cellulaires, même bactériens ou viraux, ça va dans la lymphe. Et cette lymphe, elle va aller. D'ailleurs, cette lymphe, il y a des canaux lymphatiques.
(9:03) Et tous les quelques centimètres, vous avez un ganglion lymphatique. Et dans le ganglion lymphatique, vous avez les sentinelles, les lymphocytes. Lymphocytes, lymphocytes, cyto = cellules, lymphe = de la lymphe.
(9:14) Et c'est eux qui vont surveiller. C'est pour ça que quand on a une angine, on a des ganglions. C'est quoi ?
(9:19) C'est que le virus est rentré dans les ganglions. Les ganglions, les lymphocytes réagissent. Ça fait mal, ça gonfle.
(9:25) D'accord ? Et puis il y a la fièvre pour essayer de tuer le virus. Et donc, en fait, cette lymphe, elle va où ?
(9:31) Elle finit où ? Elle finit dans le foie. Et c'est le foie qui va nettoyer la lymphe.
[Noémie Jobard] (9:36)
Est-ce que du coup, ça vaut le coup de rester en mouvement quand on est malade ?
[Dr Réginald Allouche] (9:42)
Écoutez, c'est une très bonne question. Pourquoi pas ? En fait, le problème, quand on est malade, on est épuisé.
(9:48) Oui, c'est ça. La fièvre, ça épuise. Donc, il faut passer le pic de fièvre qui est nécessaire.
(9:53) Parce que la fièvre, c'est ce qui tue le germe. Sinon, c'est un réflexe normal de votre organisme. J'élève ma température.
(10:00) Des germes qui vivent à une certaine température, là, ils vont mourir. Eh bien, après ces 2-3 jours de fièvre, il faut rebouger très vite.
[Noémie Jobard]
(10:13) Donc, j'essaie d'être active encore après avoir eu ma fièvre. Vous recevez beaucoup de patients, j'imagine, dans votre cabinet. Et parfois, on peut vous demander, docteur, en fait, je ne sais pas pourquoi, mais je suis toujours malade.
Et vous, vous répondez quoi dans ce cas-là ?
[Dr Réginald Allouche]
(10:31) Alors, quand vous avez des gens qui vous disent qu'ils sont toujours malades, il faut déjà essayer de savoir si c'est des maladies réelles ou est-ce que c'est la peur d'être malade. Parce que quand vous avez peur d'être malade, à ce moment-là, vous avez les symptômes. (10:47) Moi, je me souviens, quand j'étais étudiant en médecine, on faisait un cours sur une certaine maladie avec des symptômes qui étaient un peu la fièvre, raideur de nuque, la lumière qui vous fait mal aux yeux.
(10:58) Vous dites ça y est, je l'ai. Et vous pouvez induire vous-même un certain nombre de symptômes. Donc déjà, il faut voir si ce n'est pas une peur qui est ailleurs, sur un mal-être, sur...
(11:08) L'homme, c'est un animal cérébré, d'accord ? Et qui ressent des choses. Donc si vous, dans votre vie, vous n'êtes pas à l'aise, vous avez des problèmes dans votre travail, dans votre famille, dans votre couple, à ce moment-là, vous allez, comme on dit, somatiser.
(11:23) Vous allez essayer de trouver une raison pour ne pas être bien et vous allez parfois, vous-même, créer le symptôme. Ça ne veut pas dire que vous ne le ressentez pas. Si quelqu'un vient vous voir et vous dit, docteur, j'ai mal là.
(11:36) Et vous lui dites, non, non, non, c'est pas normal, vous n'avez pas mal. Il doit y avoir un autre médecin. Il faut reconnaître la douleur, parce que la douleur, elle peut être réelle, même si elle n'est pas liée à une maladie.
(11:45) Donc déjà, il faut faire la part des choses entre ce qui nécessite une prise en charge, parfois de psychothérapie, ou aussi le fait de prévenir qu'aujourd'hui, n'importe qui rentre un symptôme sur un ordinateur et va se retrouver avec des maladies qu'il ne connaît pas et qui vont le faire, excusez-moi du terme, le faire flipper complètement. Et ça, c'est un vrai problème, parce que ce que ne fait pas l'IA, par exemple, moi, je me sers de l'IA, tout le monde se sert de l'IA. Enfin, c'est devenu un outil générique.
(12:20) Mais l'IA, quand vous lui posez des questions sur un symptôme, elle, elle ne vous voit pas. Elle ne vous ressent pas. Vous voyez ce que je veux dire ?
[Noémie Jobard] (12:28)
Elle ne connaît pas aussi de l'histoire.
[Dr Réginald Allouche] (12:30) 
Elle ne connaît pas l'histoire de votre main, parce que tout dépend du prompt. Est-ce que vous avez mis l'ensemble des choses ou est-ce que vous avez juste mis le symptôme ?
[Noémie Jobard] (12:40)
On n'a pas tout dit.
[Dr Réginald Allouche] (12:41)
On ne dit jamais tout. Et surtout, quand il s'agit de soi, on ment tout le temps. Quand vous demandez à quelqu'un...
On minimise. Toujours. Ou on maximise.
(12:50) Tout dépend de... Parce que la façon dont vous posez la question va induire la réponse. Donc, il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, beaucoup de gens souffrent de ça.
(13:00) Si les médecins font 10 ans d'études, ce n'est pas par hasard. Et franchement, je dois vous avouer une chose. J'espère que je ne vais pas choquer mes confrères.
(13:08) Même quand vous avez fait vos 10 ans d'études, franchement, quand vous démarrez... Moi, j'ai une admiration, et ce n'est pas du tout démagogique, mais j'ai une admiration pour les généralistes. Vous vous rendez compte combien d'informations nouvelles, tous les ans, il faut avaler, pour être up-to-date, pour être...
(13:25) Pour savoir tout, avoir une globalité. C'est un métier de dingue, et c'est le plus mal payé. C'est quand même paradoxal.
(13:32) La société paye le plus mal ceux qui doivent en savoir le plus. Mais bon, ça, c'est autre chose. C'est un autre discours.
(13:40) Donc, on ne va pas rentrer dans ce détail-là. Mais en gros, 10 ans, c'est rien. Après, c'est l'expérience.
(13:46) Puis vous pouvez vous tromper aussi. On se trompe. Alors, si nous, médecins, on peut se tromper de temps en temps, on fait gaffe, quand même.
(13:54) Mais alors, l'individu qui ne sait pas, lui, il va vraiment se tromper. Vous tapez, par exemple, je ne sais pas moi, lipase. La lipase, c'est une enzyme qui est sécrétée par le pancréas pour faire des...
(14:10) pour couper les lipides. Lip, lipide. Lipase, enzyme.
(14:29) Donc, il vous permet de digérer les lipides. Parfois, certains traitements ou certains repas la veille de l'examen vont faire monter les lipases. Tapez lipase sur Internet et franchement, vous avez l'impression que vous êtes mal barré.
(14:29) Parce qu'il y a les cancers. Et des gens qui ont des lipases augmentées, il y en a plein. Mais ce n'est pas pour ça.
(14:38) Parce qu'il y a d'autres facteurs qui vous disent s'il y a vraiment un problème. Par exemple, les facteurs d'inflammation. La CRP.
(14:46) La CRP, ça veut dire C-réactive-protéine. C'est la protéine réactive C. Cette protéine, elle est sécrétée quand vous avez une inflammation quelque part dans votre organisme.
(14:56) D'ailleurs, avant, on faisait la VS, la vitesse d'alimentation. Maintenant, on ne la fait plus d'ailleurs, elle n'est plus remboursée. Donc, c'est la CRP qui est beaucoup plus fiable.
(15:02) Et donc, vous pouviez très bien avoir une VS très augmentée parce que vous aviez un petit rhume, et une CRP basse. Ce n'est pas pour ça que vous étiez très malade. Par contre, vous pourriez avoir une VS basse, et une CRP, parce qu'il y a l'inflammation souterraine de Bagrade qui, elle, peut montrer un cancer caché.
(15:18) On en reparlera après. Vous voyez, en fait, ce qu'il faut quand quelqu'un vient vous voir, c'est faire la part entre le réel et le ressenti. Le ressenti, on le dit toujours, 24 degrés réel, 30 degrés ressenti.
(15:33) C'est vrai, c'est-à-dire qu'on a, nous, on a notre propre prisme, et depuis qu'on a accès à une information extrêmement riche, c'est compliqué, c'est très compliqué.
[Noémie Jobard] (15:44)
J'ai cherché quelques informations justement en regardant un peu les statistiques en France et aux Etats-Unis, et j'ai vu qu'on tombait malade souvent à cause d'infections respiratoires entre 4 à 5 fois par an en moyenne. Est-ce que si on en attrape plus, ça veut dire qu'il faut quand même creuser un peu sur les causes de la récurrence ?
[Dr Réginald Allouche] (16:05)
Le problème de ces chiffres, c'est que d'abord, il faut savoir si c'est des gens qui ont déjà une composante allergique, le monaire, parce qu'ils vont avoir tendance parfois à se surinfecter facilement. Dans quel environnement vivent-ils ? Est-ce qu'ils aèrent les lieux où ils travaillent ?
(16:19) Est-ce qu'ils sont dans un emploi où il y a beaucoup de poussière, où il y a de la climatisation qu'ils ne règlent pas eux-mêmes ? Est-ce que les filtres de la climatisation sont changés ? Il faut aller jusqu'au bout.
(16:32) Quand vous avez des climats avec des splits, dans les tours, ça sort par une sorte de radiateur, avec des grilles. Est-ce que tous les mois, quelqu'un est passé pour nettoyer et désinfecter ? Tout ça, ça filtre.
(16:50) Vous prenez un avion qui a une climatisation dépassée, pas nettoyée. Vous avez 100, 200 personnes qui respirent le même air. On l'oublie, mais c'est l'air du départ que vous respirez qui est enrichi en oxygène.
(17:04) Vous respirez, s'il y en a 12 malades, vous avez de grandes chances, si la climatisation n'est pas très optimisée, d'être malade. Tout le monde le sait. C'est pour ça que des gens portent des masques.
(17:15) Exactement, c'est pour ça que des gens portent des masques. Et ils ont raison. Parce que quand on est dans une atmosphère confinée tous ensemble, il y a quelqu'un qui peut être malade, ce n'est pas très grave, mais ce qu'il faut, c'est s'en protéger.
(17:26) Et c'est lui qui devrait porter le masque. Je rappelle qu'au Japon, dans la rue, les gens qui portent le masque, ce n'est pas pour eux, c'est pour les autres. Voilà, c'est des comportements.
(17:35) Pour revenir aux maladies pulmonaires, il est vrai qu'il y a beaucoup de maladies pulmonaires parce que d'abord, dans les villes, il y a un niveau de pollution important. Dans les villes, on ne fait pas d'exercice souvent. Donc en fait, on ne teste pas et on n'amplifie pas sa capacité pulmonaire.
(17:55) Le poumon, c'est un organe. Si vous en servez peu, regardez, moi, je vais avoir toute une journée quasi assise aujourd'hui. Donc non, j'ai mon cours de gym à une heure.
(18:08) Donc à une heure, je suis parti. Mais à part ça, on n'a jamais l'occasion, vous voyez, d'ouvrir sa cage thoracique et de respirer à fond. Et d'ailleurs, la respiration profonde est un mode même de relaxation parce qu'en fait, on ne s'en sert jamais complètement.
(18:25) Ça s'entraîne aussi. Ça s'entraîne, mais combien de gens s'entraînent à ça ? Combien vont se dire, allez, je me fais cinq minutes de respiration dans un environnement propre ?
(18:37) Très peu. Il y a la pollution atmosphérique, il y a les microparticules. Il y en a moins maintenant parce qu'il y a moins de voitures diesel.
(18:45) Mais il y a quand même les freins, les plaquettes de freins. Vous savez, tous ces micros, ces nanoparticules qui rentrent partout.
[Noémie Jobard] (18:54)
Ça nous agresse.
[Dr Réginald Allouche] (18:56)
Ça nous agresse si on n'y prend pas garde.
[Noémie Jobard] (19:00)
On entend beaucoup parler de moyens de booster, de renforcer, d'améliorer son immunité, comme si c'était un muscle aussi. Vous parliez du muscle pour les poumons ou que c'était des petits boucliers aussi qu'il faudrait rajouter l'hiver. Est-ce que on peut réellement renforcer ces défenses naturelles, ces défenses immunitaires ?
[Dr Réginald Allouche] (19:20)
On peut les renforcer. Il y a par exemple la vitamine D qui est une hormone que beaucoup de Français, je crois 80% des Français sont carencés. Surtout là, on va rentrer dans l'automne, l'hiver où le soleil est beaucoup plus bas.
(19:35) Les rayons du soleil sont beaucoup moins fournisseurs de vitamine D puisque ça se fait sous la peau, sous l'influence du soleil. Et il est rare qu'on soit venu à Paris. C'est très rare, voire non recommandé.
(19:49) Donc en fait, il faut se supplémenter en vitamine D. C'est absolument indispensable. Donc la vitamine D, elle a trois missions.
(19:59) On l'appelle vitamine, mais ce n'est pas une vitamine, c'est une hormone. Parce qu'elle fait le, bien entendu, elle aide à la calcification, puisque c'est comme ça que ça a permis de lutter contre le rachitisme. Deuxièmement, elle améliore l'humeur, ce qu'on ne savait pas.
(20:15) C'est très utile quand on est plusieurs dans une pièce. Et troisièmement, elle permet d'améliorer l'immunité. C'est un booster d'immunité réel.
(20:24) Donc vous savez que 80% des Français sont carencés. Par exemple, quand il y a eu le Covid, on sait aujourd'hui que le bon traitement, c'était de prendre de la vitamine D, pas du Doliprane. On l'a su plus tard, parce qu'en fait, on ne savait rien sur le Covid.
(20:41) Parce qu'il y a plein de débats sur le Covid. Bien malin est celui qui, s'il avait été aux affaires et à la direction de la santé, savait quoi faire.
(20:51) On ne savait rien. On ne savait pas d'où il sortait ce virus. Moi, je ne suis pas dans le...
(20:56) Je n'ai pas de théorie là-dessus. Je dis simplement qu'aujourd'hui, on sait que la vitamine D est un élément fondamental de l'immunité. Vous avez d'autres éléments qui vous permettent de booster votre immunité.
(21:09) Vous avez la vitamine C qui est très protectrice. Les virus ont horreur de la vitamine C. Ils détestent la vitamine C.
(21:18) Ça peut aider de prendre de la vitamine C. Je pense qu'il y a comme ça des bases. Il y a aussi le zinc.
(21:25) Il y a aussi... Pourquoi il manque ? Parce que je pense que nous avons une alimentation qui s'est resserrée en termes de micronutriments.
(21:32) C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit une tomate qui a la tête de la tomate. Mais cette tomate, elle l'a poussée dans une serre. Il y a un petit peu de terre dans un bout de polystyrène avec au-dessus un coup d'agoutte qui donne les nutriments.
(21:48) Est-ce que vous pensez franchement que cette tomate est une tomate ?
[Noémie Jobard] (21:52)
Ce n'est plus la même tomate qu'avant.
[Dr Réginald Allouche] (21:54)
Ce n'est même pas une tomate.
(21:56) Et le problème, il est là. C'est-à-dire qu'on pense acheter de la santé, mais dedans, il y a beaucoup moins que ce qu'il y avait. Il y a encore des nutriments qui sont intéressants.
(22:11) Mais ce n'est plus tout à fait la même chose. Et quand vous savez, par exemple, que le bio en France régresse en termes de quantité et même de surface cultivée, ça en dit long. Pourquoi ?
(22:24) Parce qu'il faut nourrir tout le monde. Parce qu'en 1960, il y avait je crois 50 millions de Français. Aujourd'hui, il y en a 75 millions.
(22:32) Et il faut nourrir tout ce monde-là. Quand vous discutez avec des gens qui font de l'agroalimentaire aux États-Unis, ils vous disent « Monsieur, nous, on doit nourrir 400 millions de gens. » Donc d'un point de vue industriel, il faut que ce soit stockable, achetable.
(22:50) Il faut que les gens puissent l'acheter, qu'on puisse les stocker, les conserver, les distribuer et que ce soit rentable. D'accord ? Donc ça fait beaucoup, beaucoup.
(22:59) C'est pour ça d'ailleurs que le sucre, c'est pour ça que j'ai écrit ce livre. Pourquoi je l'ai écrit ? Parce que en fait, le sucre, il a les bons et les mauvais côtés.
(23:11) La révolution industrielle en Europe a pu se faire grâce au sucre. Pourquoi ? Parce que quand en 1840, en gros, elle a commencé en 1840 en Grande-Bretagne, puis après elle est venue en France quelques années après, il fallait remplir les usines d'ouvriers.
(23:29) Il y avait beaucoup de tâches répétitives, industrieuses. Et qui on a mis dans les usines ? Des agriculteurs, des ex-agriculteurs.
(23:37) Et le problème, c'est que les agriculteurs prennent beaucoup de soin pour manger. Ils font leurs propres produits, ils cultivent leurs jardins, ils mangent leurs oeufs. Vous voyez ce que je veux dire ?
(23:47) Et puis du jour au lendemain, il fallait les mettre dans les usines. Et pour ça, quel est le candidat qui fait des calories, qui est bon à manger, qui est facile à stocker et à conserver et qui n'est pas trop cher ? Qui est addictif ?
(23:58) Le sucre. Et voilà. Et qui est addictif ?
C'est le sucre.
[Noémie Jobard] (24:00)
Donc on y revient.
[Dr Réginald Allouche] (24:01)
Voilà. Donc c'est pour ça qu'on est aussi tolérant avec le sucre. Il y a un paradoxe quand même. On vit en Europe.
(24:09) L'Europe se fait par la réglementation et la normalisation. C'est un haut commissaire de l'Europe qui dit que la norme permet de réunir tout le monde parce que tout le monde va partager les mêmes normes, donc les mêmes avantages mais aussi les mêmes contraintes. Donc c'est comme ça qu'on fait Europe aujourd'hui.
(24:29) Parce qu'on a du mal à le faire sur l'Europe militaire ou sur l'Europe politique pure. Et en fait, on s'aperçoit que tout est réglementé. Ce micro, les tailles, l'impédance, la sensibilité, tout se réglemente.
(24:48) Tout, d'accord ? Les poignées de porte, la hauteur d'un lavabo. Mais alors, il n'y a aucune réglementation sur la quantité de sucre qu'on peut ajouter dans les gâteaux des enfants par exemple ou dans les bonbons.
Aucune.
[Noémie Jobard] (25:05)
Même avec les Nutri-Score, etc.
[Dr Réginald Allouche] (25:07)
Le Nutri-Score, c'est un constat. Donc vous, vous êtes industriel et vous voulez vous mettre dans le Nutri-Score le plus favorable. Mais il n'y a pas de réglementation.
(25:20) On ne peut pas dire qu'il y en a trop. Vous voyez, vous semblez le découvrir parce que tout le monde le découvre. Pourquoi j'ai écrit ce livre ?
(25:30) Pour expliquer comment le sucre est devenu le deuxième axe de la révolution industrielle. C'est-à-dire qu'il y a eu le charbon pour faire marcher les machines, parce que ça a commencé par le charbon. L'électricité, on la faisait au charbon.
(25:44) L'énergie, on la faisait au charbon. Les machines à vapeur, elles marchaient au charbon. Et le sucre pour nourrir les gens qui sont derrière les machines nourries par le charbon.
(25:54) Le sucre s'est mis sur les deux. C'est pour ça qu'aujourd'hui, on a tellement de mal à... Moi, je ne suis pas contre le sucre.
(26:01) Je dis simplement qu'il faut expliquer aux gens. C'est pour ça que je l'ai fait dans ce bouquin. C'est-à-dire que j'ai dit quelle a été la place du sucre dans la révolution industrielle et pourquoi on est aussi complaisant avec le sucre.
(26:15) Puis après, bien entendu, il faut des solutions. Parce que constater et dire que ce n'est pas bien, tout le monde s'en fiche. Ce qui est intéressant, c'est comment je peux me sortir d'une addiction au sucre, comment je peux perdre du poids parce que le sucre fait grossir.
(26:28) Et puis, dire la vérité. Aujourd'hui, le sucre, ce n'est pas naturel. Le seul sucre naturel que vous avez, c'est les fruits quelques semaines avant l'été et le miel.
(26:40) Il n'y a pas d'autre.
[Noémie Jobard] (26:45)
Donc, même là, en hiver, normalement, il n'y a pas de sucre.
[Dr Réginald Allouche] (26:45)
Non, je veux dire que c'est un additif. Il ne pousse pas sur les arbres à part sur les fruits. Mais ce n'est pas le même.
(26:53) Mais le sucre en poudre qui est rajouté dans tout, ce n'est pas un aliment naturel. C'est un aliment issu d'une transformation. Donc, c'est un additif.
(27:03) Il faut bien que ça rentre dans la tête des gens. Donc, on met des additifs dans les gâteaux des enfants. On met des additifs dans plein de choses, mais c'est un additif.
(27:12) Et je reste persuadé que si aujourd'hui, quelqu'un passait à la commission européenne pour demander l'autorisation de mettre sur le marché le sucre, vous savez que quand vous utilisez un produit à vocation alimentaire, il faut que vous prouviez qu'il n'est pas toxique. Je ne sais pas s'il aurait les autorisations aujourd'hui.
[Noémie Jobard] (27:33)
Mais comme il était là avant…
[Dr Réginald Allouche]
il était là avant.
[Noémie Jobard] (27:35)
On va reparler du sucre tout à l'heure parce que j'ai quand même noté pas mal de choses en lien avec les maladies et c'est vrai que je me suis rendue compte en parlant aussi avec beaucoup d'experts, c'est que généralement, les maladies ne venaient pas du jour au lendemain, qu'elles pouvaient prendre un petit temps pour s'installer et que ça survient souvent quand il y a un déséquilibre ou une accumulation de sollicitations et que le corps n'arrive pas à réagir rapidement.
(28:04) Et c'est vrai qu'on le voit, par exemple, quand on attrape des virus, ça met un petit temps avant qu'on puisse vraiment sentir qu'on est malade. Et quand il y a d'autres formes de maladies, je pense aux maladies chroniques, par exemple, pareil, c'est des maladies qui s'installent avec le temps.
[Dr Réginald Allouche] (28:22)
C'est souvent les assureurs qui vous disent que vous êtes malade. Vous demandez un prêt, vous avez 35, 40 ans, vous voulez acheter un appartement ou une maison et pour le prêt, l'assureur vous demande une prise de sang. Et c'est là où vous apercevez.
(28:36) Par exemple, le prédiabète, il n'y a pas de signe. L'astéatose hépatique, la fameuse mâche, il n'y a pas de signe. Il y a des tas d'hypertensions.
(28:48) Quand elle démarre, il n'y a pas de signe. Là, on vient déjà de prendre trois maladies métaboliques qui font 50 à 60 % des grandes maladies de ce monde. Les hypertendus.
(29:02) Après, il y en a d'autres sur l'hypercholestérolémie. L'hypercholestérolémie, moi, je préfère dire l'hypertriglycéridémie. Dans les graisses, c'est les triglycérides qu'il faut bien regarder.
(29:13) Parce qu'ils sont apportés soit par l'alcool, soit par le sucre.
[Noémie Jobard] (29:16)
Et c'est vrai qu'on n'a aucun signe dans le corps. Il faut vraiment faire des check-up pour savoir.
[Dr Réginald Allouche] (29:21)
Et alors le problème, vous allez comprendre, c'est l'âge. À 20 ans, on brûle tout. On brûle tout à 20 ans.
(29:27) À 20 ans, on sort jusqu'à 4h du matin. Le lendemain, à 7h30, on est levé pour aller travailler. Et on a une journée qui est un peu vaseuse, mais qui n'est pas non plus une catastrophe.
(29:37) Vous faites la même chose à 50 ans, vous mettez une semaine à vous en remettre. Pourquoi ? Parce qu'avec l'âge, les systèmes, ce n'est pas qu'ils s'émoussent, mais ils ralentissent un petit peu.
(29:47) On n'a pas la même façon de métaboliser ce qu'on mange à 50 ans qu'à 20 ans. Pour ça, quand les gens me disent « Moi, je ne comprends pas docteur, je n'arrive pas à maigrir, ils ont 50-60 ans. » Alors qu'à 20 ans, je faisais un petit régime quelques jours.
(30:03) Parce qu'on n'a pas du tout la même réactivité. L'organisme, avec l'âge, il se tasse un peu. Et s'il n'est pas stimulé, stimulé par quoi ?
(30:14) Il n'est stimulé qu'au fond, pour moi, il est stimulé par deux choses. La première, c'est l'activité intellectuelle. Pour tout l'organisme.
(30:26) Il ne faut pas oublier que notre cerveau, il fait tout. C'est lui qui décide. Personne d'autre.
(30:32) Si on ne stimule pas, aujourd'hui, on est dans un système, je ne veux pas faire vieux schnock, mais la plupart des gens sont sur un téléphone, en train de regarder des petites vidéos, c'est sympa. Mais le problème, c'est qu'ils ne régulent pas ça. Et ça ne demande aucun effort intellectuel.
(30:49) On n'apprend pas grand-chose. En général, en plus, maintenant, les algorithmes vous servent ce que vous aimez. Vous êtes toujours en train de voir des vidéos, sur le même sujet, avec la même opinion.
(31:03) Votre cerveau, il n'est plus du tout dans les changements. On sait que c'est le changement de température, les changements de régime, c'est ça qui stimule l'intérêt. Donc, on n'est plus du tout dans un cerveau qui est en train de travailler.
(31:23) Il est rare à 50 ans d'apprendre à jouer de la guitare, d'apprendre une langue étrangère. On devient un peu plus... Quand je dis ça, il ne faut pas que les gens m'enveuillent.
(31:32) Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je fais une discussion de café du commerce. Mais ce que je veux dire, c'est que est-ce que vous passez tous les jours quelques minutes à stimuler votre cerveau, à lui demander d'apprendre quelque chose, à lui demander de traduire quelque chose ?
(31:49) Aujourd'hui, vous avez des traducteurs automatiques, des trucs qui vous choisissent machin, vous demandez à GPT, Cloud ou Mistral de vous sélectionner. Il n'y a même plus de recherche. Avant, vous tapiez les 10 pages de Google où il fallait trouver le machin.
(32:08) Avant, c'était encore la bibliothèque où il fallait y aller, il fallait une démarche. Donc, on n'est plus dans la stimulation du cerveau. Je crois qu'il faut vraiment ne pas minimiser ce point.
(32:21) C'est un point extrêmement important, parce que c'est votre cerveau qui fait tout. N'oubliez pas, je me souviens dans les maladies auto-immunes, c'est votre cerveau qui, à un moment, pour une raison de stress majeur ou de changement de quelque chose, va mettre en place les auto-anticorps qui vont créer un problème. Donc ça, c'est un vrai problème.
(32:42) Deuxièmement, c'est la sédentarité. Est-ce que vous utilisez suffisamment vos muscles ? Parce que vos muscles, figurez-vous, ils sont anti-inflammatoires.
(32:52) Ils sécrètent des hormones, ce qu'on appelle les myokines, myo = muscles, kine = sécrétions, des sécrétions qui permettent de diminuer l'inflammation. En fait, la vraie solution, c'est de faire les deux. C'est-à-dire de se dire, aujourd'hui, là, je suis venu chez vous.
(33:11) Je ne suis pas un modèle, moi, mais je vais monter à pied. Pas besoin de prendre l'ascenseur pour monter trois étages, ou deux, c'est deux. Vous pouvez marcher, vous pouvez monter les étages, c'est ce qu'il y a de mieux.
(33:23) Si vous habitez à Paris ou dans une ville, vous habitez dans un immeuble, vous pouvez faire un truc très simple. Si vous n'avez pas le temps de faire d'exercice, tous les jours, vous montez deux fois par jour les sept étages de votre immeuble, à pied. Bon, ça fera bizarre pour les voisins de vous croiser.
[Noémie Jobard] (33:38)
Au moins, on rencontre des gens.
[Dr Réginald Allouche] (33:42)
Et puis, si vous êtes âgé, vous descendez à l'ascenseur, pour ne pas vous faire mal, parce que c'est à la descente qu'on se fait mal aux genoux. C'est simple, donc il n'y a pas d'excuse.
(33:52) Et le premier jour, vous ne montrez pas au-dessus du troisième étage, vous serez très essoufflé, ce qui est un signe. Qui pourrait nous motiver aussi. Exactement, parce que n'oubliez pas qu'à partir de 55-60 ans, on perd des muscles, tous les jours.
(34:06) Donc voilà, je pense que si on veut vraiment combattre ces premières maladies, il faut déjà utiliser sa tête, si j'ose dire, et utiliser ses muscles. D'autant que quand on n'utilise pas ses muscles, ce profil à l'horizon, la mère de toutes les maladies métaboliques, et parfois cardiovasculaires, et sûrement cardiovasculaires, c'est la résistance à l'insuline, qui est bien avant toutes les autres, et qui, elle, va générer le pré-diabète, la stéatose hépatique, le syndrome de l'ovaire polykystique, les maladies cardiovasculaires, et ainsi de suite.
[Noémie Jobard] (34:44)
J'ai plein de recherches que j'ai faites aussi, et tout ce que vous me dites, en fait, on en a aussi beaucoup parlé dans les épisodes précédents avec mes collègues. Mais du coup, j'aimerais que vous preniez votre casquette de professeur et qu'on regarde ensemble les facteurs et les causes de ces maladies chroniques potentielles. Moi, j'ai fait du coup une petite liste, et j'aimerais que vous me notiez à la fin une note sur 20.
(35:18) Comme ça, vous pouvez prendre des notes, des points, et vous me dites si c'est OK. Et si jamais il me manque des choses, vous pouvez aussi m'aider pour pouvoir... Voilà, c'est ça, exactement.
(35:31) Donc, je passe là mon examen. Pour moi, le facteur le plus grand de cause des maladies chroniques, c'était l'inflammation de bas grade. Et on en a beaucoup parlé dans l'épisode 28, et dans les causes qui contribuent, c'était l'alimentation transformée, le tabac, et l'alcool.
(35:55) C'est vrai que ça peut paraître bête de dire ça, mais c'est important. Et on parlait du sucre, notamment, qui aussi entretient un état inflammatoire et qui est impliqué du coup dans plein de maladies que vous avez déjà citées. Et je trouve que ça va de mèche aussi avec la dette de sommeil et des règlements métaboliques, parce que le fait de ne pas dormir assez, ça augmente aussi la dette de sommeil, et ça fait aussi quelque chose avec le cerveau où on va chercher...
[Dr Réginald Allouche] (36:31)
La dette de sommeil, elle a hormonalement un impact, c'est qu'elle augmente la gréline, qui est l'hormone qui donne faim. C'est ça. Et elle diminue la sensibilité à la léptine, qui est l'hormone de la satiété.
(36:45) Donc en fait, quand on manque de sommeil, on a faim. Et on s'arrête plus. Il y en a parfois des pulsions pour avoir des envies de sucre.
(36:52) Et ça, c'est physiologique. C'est écrit, publié.
[Noémie Jobard] (36:56)
J'ai noté, ça augmente l'appétit de 20 à 25 %.
[Dr Réginald Allouche] (37:00) 
Absolument. 20 à 25, je ne sais pas, ça dépend des gens. Mais la réalité, c'est que quand on dort peu, on a faim.
(37:07) Et donc, c'est le problème aussi des gens qui travaillent la nuit, qui ont des horaires décalés, et ça leur pose un vrai problème. Travailler la nuit, c'est un vrai challenge. Ces gens-là, je suis désolé, on ne s'en occupe pas assez.
(37:24) On devrait aussi leur proposer une nutrition particulière, et puis limiter le temps de nuit à 10 ans, 12 ans. Oui, donc avec le temps, ça peut vraiment augmenter le facteur de risque. Exactement.
(37:39) Et qu'ils soient payés un peu mieux parce qu'ils sont précieux pour la société. La nuit, il y a des gens qui veillent sur nous. Que ce soit la police, les pompiers, les systèmes des mairies.
(37:53) Il y a une permanence où les infirmiers, les infirmières, les médecins, il y a toute une population qui passe totalement inarperçue. On ne les voit pas. Forcément, ils dorment la journée.
(38:04) Mais c'est des gens extrêmement précieux. Extrêmement précieux. Il y a aussi le stress.
[Noémie Jobard] (38:10)
Ça, je l'ai noté aussi.
[Dr Réginald Allouche] (38:12)
Il y a une chose qui me gêne dans l'inflammation de bas grade. L'inflammation de bas grade, elle peut avoir beaucoup de causes. 
(38:26) Et en fait, il y a une chose qui... Alors, je ne sais pas vous répondre. Je ne suis pas le plus compétent pour ça.
(38:35) Je ne sais pas si c'est l'inflammation de bas grade qui est la cause de l'insuline résistance, ou c'est plutôt l'insuline résistance qui est la cause de l'inflammation de bas grade. Je pense qu'on ne peut pas les dissocier, les deux. On ne peut pas.
(38:50) Parce que très souvent, l'inflammation de bas grade, j'ai des gens qui ont effectivement une hygiène de vie relative, mais qui aussi ont du surpoids, voire une obésité, ou qui ont des problèmes aussi liés au sommeil, au stress. Donc, c'est très multifactoriel. Ce qu'il faut, c'est poser à plat les choses et essayer de comprendre ce qu'on peut améliorer.
(39:13) On ne peut pas tout améliorer. On ne peut pas tout améliorer. On parle d'alimentation qui n'est pas transformée.
(39:19) Oui, mais elle n'est pas chère. Donc déjà, il faut savoir comment on peut améliorer les aliments d'origine. Comment essayer de voir comment on peut économiquement s'en sortir.
(39:34) Deuxièmement, c'est regarder l'environnement. Est-ce que vous êtes heureux dans votre travail ? Est-ce que vous êtes heureux dans votre vie ?
(39:40) Ou est-ce que vous êtes avec quelqu'un, par exemple, votre mari ou votre femme, qui est quelqu'un de super, mais qui est un peu toxique ? Pas toxique méchamment, mais il y a des gens qui ne sont jamais contents. Il y a toujours un truc qui ne va pas.
(39:51) Ça, qu'est-ce que ça fait ? Si vous aimez cette personne, ça crée toujours un petit stress. Qu'est-ce que c'est le stress ?
(39:58) Le petit stress ? C'est que vous faites un petit peu d'adrénaline, un peu de cortisone. Et quand vous faites ça, vous faites un peu de sucre.
(40:03) Votre foie, qui a les réserves de sucre, va lâcher du sucre. Et puis, comme il lâche du sucre, à ce moment-là, il y a un peu d'insuline qui va être sécrétée. Mais ce sucre, qu'est-ce que fait l'insuline ?
(40:14) Elle a trois missions, je rappelle. La première mission, c'est de faire rentrer le sucre dans les cellules. Ça, c'est clair.
(40:21) La deuxième mission, c'est de stocker les sucres non utilisés sous forme de gras. On le dit à jamais assez. Les sucres sont stockés sous forme de graisse, de triglycérides.
(40:32) Triglycérides, glyc, glyc, glucose, avec un glycérol. D'accord ? Mais la troisième mission de l'insuline, c'est que c'est une hormone anabolisante.
(40:42) Elle booste toutes les cellules de votre corps. Alors, des petits stress, pas grand-chose. Et quand il y en a six, dix, quinze par jour, répétez et ça tous les jours, c'est comme ça que...
(40:54) Les comptables vous diront que les économies, c'est quand on gagne un peu de sous partout et ça fait des grandes rivières. C'est pareil pour le stress. C'est-à-dire que vous pouvez être parfaitement heureux dans votre vie, dans votre couple, mais avoir un stress qui est quasi permanent.
(41:13) Et ça, donc, deuxième chose, vous avez analysé ce que les gens mangent, ce que les patients mangent, et après il faut analyser ce qu'ils vivent et comment ils le vivent. Et troisièmement, après, il y a, est-ce qu'ils prennent des médicaments, quelle est leur génétique ?
[Noémie Jobard] (41:29)
Oui, j'avais génétique, âge, vous parliez aussi tout à l'heure de l'aspect économique, il y a l'environnement social et l'accès aux soins. On pense aux conditions de travail, la possibilité de se nourrir correctement, avoir des soins de prévention aussi. C'est vrai que du coup, si on n'a pas les moyens, on ne le fait pas forcément.
(41:51) Le stress, vous l'avez dit, il me restait aussi les facteurs environnementaux et il n'y a pas beaucoup de gens qui...
[Dr Réginald Allouche] (41:58)
Les facteurs environnementaux, c'est l'air que je respire, l'eau que je bois.
[Noémie Jobard] (42:03)
On mentionne aussi de plus en plus les perturbateurs endocriniens, l'épiphase, les métaux lourds, les pesticides, etc.
[Dr Réginald Allouche] (42:09)
Les additifs, les colorants, les texturants, et ainsi de suite. Mais alors ça, c'est compliqué, parce que ça, ça doit être pris en charge par les autorités. Si on largue les PFAS dans l'eau, les métaux, les PFAS sont permanents.
(42:25) Ils font partie, je crois, des perturbateurs permanents. Si vous les avalez, ils vont bien aller quelque part. Ils vont aller, perturbateurs endocriniens, ils vont dans les organes endocrines.
(42:39) Quels sont les organes endocrines ? La thyroïde, le pancréas, et ainsi de suite. Le foie.
En fait, vous avez là, et puis là, c'est la roulette russe. Vous ne savez pas.
[Noémie Jobard] (42:52)
Ça va arriver, mais du coup, c'est vraiment...
[Dr Réginald Allouche] (42:55)
Ce qu'il faut, c'est pas devenir obsessionnel, mais prendre des dispositions. Si j'ai des poêles avec des PFAS, il faut que je les change régulièrement. Je ne les récupère pas.
Quand elles sont rayées, on les jette. Je suis désolé, on les change. Ou on prend des poils en fonte, d'accord, qui sont très lourds.
(43:13) C'est le problème souvent. L'eau, j'essaie de voir quelle est la qualité de mon eau. Alors, parce que l'eau de la ville, par exemple, est très bonne en termes de propreté, mais est-ce qu'il y a dedans des résidus de pilules, des résidus d'antibiotiques ?
(43:32) Est-ce que c'est publié, ça ? Je ne crois pas. Donc, ce qu'il faut, en fait, c'est pas se dire on est foutu.
(43:40) C'est se dire je vais m'en occuper. Il y a des solutions, toujours. On va les trouver.
(43:46) Ça peut être un filtre, ça peut être... Vous voyez ce que je veux dire ? L'idée, ce n'est pas de tout noircir, parce que sinon, pas la peine.
(43:54) Il y a ceux qui partiront sur Mars et puis les autres. S'ils y arrivent, d'ailleurs. Il faut juste s'en préoccuper.
(44:01) Écouter des gens sérieux, les lire, essayer de comprendre. On est dans un monde complexe, mais maintenant, franchement, aujourd'hui, on n'a pas d'excuses pour être informé. Ce qu'il faut, c'est faire la part entre la véritable information et l'information qui n'est pas vérifiée.
(44:21) Et trop souvent, les médias, qui font leur travail, vont par exemple prendre une étude sur la souris. On va dire, on a trouvé que la molécule Spoons, sur la souris, permet de guérir l'œuf. Oui, très bien.
(44:34) Mais nous, on n'est pas des souris. De toute façon, quand vous avez une étude comme ça, entre le produit chez la souris et le produit chez l'homme, c'est 10 ans. Vous allez attendre sur votre fauteuil que dans 10 ans, le produit arrive dans le commerce.
(44:47) S'il arrive. Vous voyez, c'est pour ça qu'il faut s'occuper de soi. Il faut bien se dire qu'on est seul, on vit seul et on meurt seul.
(44:58) Il faut se prendre en charge. Bien entendu, l'homme est un animal social et on a tous besoin d'amis, d'amour et de tout, mais la réalité, c'est qu'il faut s'occuper de vous. Et d'ailleurs, c'est parce que vous vous occupez de vous que vous pouvez vous occuper des autres.
(45:14) Je rappelle que dans un avion, si on est avec un enfant, si le masque d'oxygène tombe du plafond, il faut d'abord mettre le sien avant de mettre celui de son enfant. Pourquoi ? Parce que ça commence par soi.
(45:27) Le soin aux autres commence par le soin à soi.
[Noémie Jobard] (45:33)
Il me reste encore deux choses que j'avais pour compléter avant que j'ai ma note.
[Dr Réginald Allouche] (45:38)
Je ne sais pas si vous passerez en deuxième année.
[Noémie Jobard] (45:41)
La chose que vous avez déjà mentionné, c'était la sédentarité et l'immobilité prolongées. Rester des heures d'affilée assis, c'est un facteur de risque. Et la dernière chose, c'était que parfois, pour les maladies chroniques, il peut y avoir un déclencheur, notamment ce qui pourrait être des infections ou des infections parasitaires qui pourraient être déclencheurs de certaines maladies.
(46:09) Voilà, c'était la dernière chose que je voulais mentionner.
[Dr Réginald Allouche] (46:13)
Déjà, la sédentarité, il faut savoir qu'à partir de 60 ans, 55, 60 ans, on perd significativement nos muscles. Il faut absolument déjà compenser cette perte musculaire en mangeant plus de protéines de haute qualité. Il faut des œufs, de la viande, du poisson.
(46:33) Et ce qu'il faut aussi, c'est faire des exercices parce que sinon, à partir de 60 ans, s'installe ce qu'on appelle la sarcopénie, qui fait que ça ne va pas se faire du jour au lendemain, mais chaque jour un peu. Et puis à 70 ans, c'est l'efflux du canapé. On dit, ma chérie, tu peux aller me chercher un verre d'eau ?
(46:51) Parce que se lever du canapé nécessite un effort. Il y a un test très simple. Est-ce que vous pouvez, par exemple, vous êtes bien enfoncé dans votre canapé, est-ce que vous pouvez vous lever sans vous aider des bras ?
(47:01) Pourquoi ? Parce que ce muscle-là, la cuisse, c'est le quadriceps, c'est le plus gros muscle de votre corps. Et c'est celui qui perd.
D'ailleurs, vous pouvez, après 60 ans, prenez la peau et vous voyez qu'il y a moins de muscles en dessous.
[Noémie Jobard] (47:14)
Je crois qu'il y a du gras, là.
[Dr Réginald Allouche] (47:16)
Non, attendez. Il y a une répartition différente entre l'homme et la femme sur le tissu adipeux. C'est la vie, c'est comme ça.
(47:26) Mais en dessous, il y a un muscle. Et ce muscle, il est extrêmement précieux. Donc ça, c'est la sédentarité.
(47:33) Et puis, on parlait des infections. Alors, il y a très souvent des facteurs déclenchants. C'est-à-dire que, surtout avec l'âge, parce que la vie, c'est un équilibre entre le cérébral, l'instinctif, le corps métabolique, les fonctions essentielles, le microbiote.
(47:55) Tout ça doit marcher ensemble. Et puis, à un moment, il peut y avoir une infection qui va faire qu'un des éléments va être en décalage, en insuffisance. Et ça peut provoquer une cascade, un peu comme des dominos.
(48:08) C'est pour ça qu'il faut faire toujours très attention. Les infections ne sont jamais inaudibles après 60 ans. Il faut s'en occuper.
(48:15) Vous avez une infection qui réapparaît, par exemple, le zona. C'est tout simplement un virus qui était caché dans une paire rachidienne. Et quand vous êtes plus âgé, l'immunité baisse.
(48:26) Avant, quand le virus sortait de la tête, du canal, du nerf, les lymphocytes arrivent et ils lui tapent dessus. Les globules blancs le tuent. Ils lui disent « Rentre chez toi », parce qu'ils ne partent jamais.
(48:39) Ces virus sont bien cachés. Et puis après, à 65 ans, 70 ans, on n'est plus fatigué, il sort et il n'y a personne pour le faire entrer. Et c'est le zona.
(48:50) C'est pour ça que maintenant, il y a un vaccin qui est bien. Voilà. C'est le parasite.
(48:58) Le parasite, aujourd'hui, en France, je pense qu'il est très sous-estimé. Parce qu'on mange souvent dehors. Et quand on mange dehors, qu'elle soit collective ou dans un restaurant, les gens qui l'ont préparé, vous ne les connaissez pas.
(49:13) Parfois, il y a des gens qui ont une hygiène relative. Avant, j'ai fait partie de génération, je suis bien plus âgé que vous, on déparasitait les gens. Les enfants, d'ailleurs.
(49:22) On leur donnait un antiparasitaire, parce qu'ils avaient des oxyures, ils se grattaient les fesses. Aujourd'hui, c'est totalement en désuétude. C'est dommage, parce que les médicaments qui font ça sont sans danger, ils ne coûtent rien.
(49:35) Pourquoi ne pas se déparasiter une fois de temps en temps ? Hier, je mangeais une salade. La salade, elle était relative.
(49:44)  Je ne sais pas. Donc, une fois par an ou une fois tous les deux ans, je me fais un antiparasitaire. Ça ne coûte rien.
(49:52) C'est simple. Il y a ça. Il y a aussi, si on a eu un herpès par exemple labial, de temps en temps, il faut prendre le médicament, un médicament qui va permettre d'éviter qu'il y ait un réservoir de virus qui se développe.
(50:10) L'herpès, c'est pour la vie. Quand on l'a eu une fois, on l'aura toute la vie. C'est pour ça qu'on appelle ça un bouton de fièvre.
(50:19) Cette petite vésicule transparente, elle sort quand on est fatigué. Quand on est déjà à plat. Exactement.
(50:29) Le bouton sort. C'est parce que le virus, lui, il veut s'aimer. Il veut avoir une grande population.
(50:35) Il voudrait bien que vous embrassiez quelqu'un pour qu'il puisse passer chez quelqu'un d'autre. C'est la vie. On est un symbiome.
(50:41) On vit dans un environnement où il y a un truc très intéressant. Vous savez qu'on a dix fois plus de germes dans notre intestin que de cellules dans notre corps. C'est énorme.
(50:54) Parce qu'on a beaucoup de cellules. On pourrait même se demander si ce n'est pas nous qui sommes l'alien d'eux. Ils sont dix fois plus nombreux.
(51:05) Pour nous, ces bactéries, elles nous aident à la digestion. Elles font des vitamines. Elles font la sérotonine qui est l'hormone du bonheur.
(51:12) Quand même. Elles font plein de choses. Et on vit en symbiome.
(51:18) Ce qu'il faut, c'est aussi respecter son microbiote. Par exemple, vous allez faire un voyage exotique ou tropical. Vous allez changer d'alimentation.
(51:28) Pour le microbiote qui n'a pas vu le truc, vous avez une tourista. La tourista, c'est quoi ? C'est le microbiote qui n'est pas content.
(51:34) Parce que d'habitude, votre microbiote... C'est déséquilibré. C'est pas comme d'habitude.
(51:37) Il ne vous dit rien, le microbiote. Vous n'entendez pas les milliards de bactéries qui se parlent en ce moment. Pendant qu'on se parle, elles se parlent.
Elles discutent. Elles échangent des trucs. Et ainsi de suite.
(51:48) Elles prennent le petit déjeuner. Parce que le petit déjeuner, au bout d'une heure, il est déjà dans le digestif. Elles commencent à boulotter tout ça.
(51:54) Dès qu'il y a des fibres, elles les prennent pour pouvoir ainsi de suite. Il y a un équilibre. En fait, la bonne santé, c'est un équilibre.
(52:03) Ce n'est pas autre chose. Ce n'est pas Yakafokon. Je vais manger des ananas pendant 3 semaines.
(52:09) Non, non. C'est un équilibre. Avant, il y avait des vieux postes de radio.
(52:14) Des vieux tuners. Il y avait une aiguille qui donnait la force du signal. Et il y avait une aiguille qui faisait de zéro.
(52:21) Donc la station, si vous bougez à droite, ce n'était plus la station. Si vous bougez à gauche, c'était plus la station. Vous aviez un bruit, un espèce de souffle.
(52:27) Il fallait être zéro. C'est ça, la santé. C'est un équilibre.
(52:31) Vous avez 90 ans. Vous avez 90 ans. Vous pouvez faire des neurones.
(52:35) Quand vous faites de l'exercice, on fait de l'hormone de croissance. On fait du GIH. On fait des neurones à 80 ans.
(52:45) Si on fait de l'exercice. Vous voyez ce que je veux dire ? Si vous faites des neurones à 80 ans et que vous lisez ce très bon livre ou que vous apprenez une langue ou que vous jouez de la musique et que vous déchiffrez quelque chose, vous faites des connexions entre les neurones et vous gagnez du potentiel intellectuel.
(53:02) Si vous additionnez retraite, canapé, télévision, ça, c'est très haut gagnant. Gagnant pour quoi ? Pour gagner des maladies.
(53:18) Oui. C'est pour ça que le débat sur la retraite, il n'est pas au bon endroit. On ne respecte pas nos anciens.
(53:30) Ils ont énormément d'expérience. Il faut plutôt essayer de la valoriser. Non plus dans un travail épuisant, mais la valoriser dans la connaissance.
(53:37) Il y a des tas de gens qui partent des entreprises aujourd'hui et on perd un potentiel fou. Ils avaient des trucs efficaces. Ils savaient comment il fallait faire, que ce soit en mécanique, en métallurgie, en électronique.
(53:48) Tous ces gens-là, ils s'en vont du jour au lendemain. Ils font leur pot de départ. La société, pas l'entreprise, perd quelque chose.
(53:56) Ce qu'il faut, au contraire, c'est avoir des personnes âgées qui soient dans la vie. Actives. Bien entendu, la personne qui a passé 40 ans à faire un boulot dur, elle est épuisée, elle est rincée.
(54:14) Ça, ça peut se comprendre sur la difficulté. Mais pour ceux qui ont un travail plus intellectuel, il faut continuer. Il faut vraiment continuer.
[Noémie Jobard] (54:23)
Et je trouve que c'est ça qui nous permet de rester en bonne santé. Comme vous dites, on est actifs. Donc on est dans la vie.
[Dr Réginald Allouche] (54:31) 
On est dans la vie. Parce que sinon, si vous êtes à côté de la vie, vous êtes à côté de la vie. Et la vie vous oublie.
[Noémie Jobard] (54:38)
Avec tout ce que j'ai mentionné, quand j'ai regardé tout en entier, tout ce qu'on a dit, j'avais l'impression qu'on faisait la liste de comment rester en bonne santé, au final. Pas du tout juste les facteurs de risque des maladies chroniques, mais au final, c'était la liste de comment rester en bonne santé.
[Dr Réginald Allouche] (54:54)
Oui, parce qu'en fait, ce qui intéresse les gens, c'est ça. Si on leur dit que le danger, c'est la guerre, que c'est la maladie, que c'est la malbouffe, que c'est le stress, que c'est la pollution, à part les faire totalement flipper, on ne fait rien. Ce qu'il faut, c'est leur donner des solutions.
(55:11) Des solutions, vous les avez en vous, dans votre organisme. Et parfois, pourquoi j'ai accepté de faire ce podcast avec vous ? Parce que vous, vous faites la promotion de compléments alimentaires.
(55:23) Et les compléments alimentaires, c'est un truc qui est très... Alors, pour les uns, c'est magique, pour les autres, ça ne sert à rien, pour les autres, c'est indispensable. Faites la réalité, c'est que plus on avance en âge, plus on peut avoir des carences.
(55:36) Ça paraît logique, non ? Et donc, si on peut compenser ces carences, pourquoi pas ? Donc, on parlait de la vitamine D, on parlait de la vitamine C, on parlait du magnésium, on consomme beaucoup de magnésium parce qu'on a une vie...
(55:48) La vie urbaine est très stressante, on bouffe du magnésium toute la journée. Il y a plein de choses comme ça qui peuvent être compensées, mais il faut que ce soit fait par un professionnel qui vous connaisse, pas jouer aux médecins... Ou aux pharmaciens, parce qu'on a lu un papier, machin...
(56:07) Parce que, vous savez, dans les études, on peut leur faire dire tout ce qu'on veut. Par contre, ce qu'il faut, c'est des produits qui ont une bonne qualité, qui ont une bonne biodisponibilité. Ça, c'est le grand problème des compléments pour moi.
(56:21) Quand j'avale 1000 mg de vitamine C, combien il en reste, en moyenne, après mon estomac ?
[Noémie Jobard] (56:28)
Surtout que ça s'en va vite, la vitamine C, parce que c'est utilisé rapidement, quoi.
[Dr Réginald Allouche] (56:34)
Vous voyez, il y a plein de facteurs quand on commence à rentrer là-dedans.
(56:38) D'ailleurs, il y a des médecins qui sont spécialistes de ce genre de choses. Alors, on peut le faire par des compléments, comme vous le faites. On peut le faire par de la phyto.
(56:45) Par l'alimentation aussi. Par l'alimentation aussi. Le problème de l'alimentation, c'est qu'à un moment, il faut que l'alimentation, quand on dit ce produit, il est riche en ceci, en cela.
(56:54) Encore faut-il que le produit soit vraiment riche en ceci, en cela. Que l'aliment soit... Vous voyez ce que je veux dire ?
(56:59) Que le légume soit riche. J'ai repris l'exemple des élevages de tomates en serre. Ce qui fait la qualité d'une tomate, c'est la terre, c'est le sol.
(57:10) Le sol, qu'est-ce que c'est ? C'est des bactéries.
[Noémie Jobard] (57:13)
C'est même les minéraux qu'il y a dans ce sol, etc.
[Dr Réginald Allouche] (57:15)
Oui, mais c'est des bactéries. Une terre, une bonne terre arable qui va donc être cultivable.
[Noémie Jobard] (57:23)
Pour qu'elle ait un bon microbiote.
[Dr Réginald Allouche] (57:25)
Exactement. Et ça, c'est pour ça que l'appauvrissement des sols, c'est un problème. C'est les bactéries.
(57:31) En fait, on vit dans un monde bactérien et viral qui peut nous être extrêmement favorables ou extrêmement toxiques. C'est à nous de choisir. Mais aujourd'hui, est-ce que vous savez ce qui est le plus...
(57:45) Je vais vous poser la question parce que ça va être... Est-ce que vous savez ce qui pèse le plus lourd sur terre ?
[Noémie Jobard]
Les bactéries ?
[Dr Réginald Allouche] (57:55)
Non, c'est le végétal d'abord et après les bactéries. Le végétal ? Le végétal, oui.
Les arbres, les plantes, l'herbe, tout ça. Et après, les bactéries. Les bactéries, c'est le deuxième emploi.
[Noémie Jobard] (58:08)
Vous m'avez dit qu'il y en avait beaucoup dans l'intestin, donc je m'étais dit...
[Dr Réginald Allouche] (58:12)
Déjà dix fois plus que vos cellules. Le poids est beaucoup plus important. Je ne me souviens plus des chiffres, mais je crois que c'est plus d'un kilo et demi, deux kilos de bactéries.
Vous avez dû le faire dans un podcast. Je ne m'en souviens plus non plus. Deux kilos.
(58:26) Et d'ailleurs, il y a eu des expériences de fait sur les souris axéniques. Les souris axéniques sont des souris qui n'ont pas de microbiote. Elles sont vierges.
(58:35) On s'en sert souvent en recherche pour tester des produits, surtout leur toxicité, pour ne pas avoir le biais du microbiote. Les souris axéniques vivent significativement moins longtemps que les souris qui ont un microbiote. En fait, l'homme a décidé de garder ses bactéries pour lui, pour l'aider à vivre.
(58:56) Comme dans la cellule, il a pris certaines bactéries et il en a fait des mitochondries. Mitochondries, ça a une tête de bactérie quand même. Et plus vous avez de mitochondries, plus vous êtes en forme.
[Noémie Jobard] (59:08)
On en a parlé aussi dans un podcast.
[Dr Réginald Allouche]
Je ne fais que répéter vos excellents podcasts.
[Noémie Jobard] (59:13)
Mais du coup, ça confirme aussi que ce que vous dites, ça a du sens pour les collègues, pour tout le monde. En fait, c'est un peu aussi une répétition pour moi, mais au moins, ça fait un rappel aussi de ce sur quoi...
[Dr Réginald Allouche] (59:29)
Je pense qu'aujourd'hui, c'est vraiment... Je ne vais pas faire cocardier, mais la médecine française, c'est une très bonne médecine. On lui tire dessus toute la journée, mais c'est quand même...
(59:40) Les gens qui tirent dessus, je leur demande juste de prendre un petit billet d'avion et d'aller ailleurs. Ils vont voir ce que c'est. Il faut arrêter de tirer sur le machiniste.
(59:50) Et deuxièmement, il y a aussi toute une partie de la médecine, la naturopathie, l'ostéopathie, qui ne sont pas dans le mainstream médical, mais qui apportent beaucoup de choses. Un naturopathe bien formé, c'est quelqu'un qui peut vraiment vous aider.
[Noémie Jobard]
Et ça complémente bien aussi ce que le médecin peut travailler ensemble.
[Dr Réginald Allouche] (1:00:10)
Moi, je ne détiens pas la vérité. Ce que je... Je ne vais pas prendre cette expression qui est galvaudée.
Ce que je sais, c'est que je ne sais rien. Mais non, ce n'est pas ça que je veux dire. Je veux dire simplement qu'on a à apprendre de l'autre.
(1:00:27) Et d'un naturopathe, il y a des tas de choses qu'il savent que je ne sais pas. Et moi, j'adore ça.
[Noémie Jobard]
Et du coup, professeur, vous mettez…
[Dr Réginald Allouche] (1:00:36)
Arrêtez de m'appeler professeur, parce que je ne suis pas professeur de médecine. J'étais professeur dans une très grande école française. Mais je ne suis pas professeur de médecine.
Je tiens à le dire. Je ne veux pas usurper.
[Noémie Jobard] (1:00:46)
Mais du coup, vous mettez quelle note ? Mes facteurs de risque ?
[Dr Réginald Allouche] (1:00:51)
Comme j'ai beaucoup noté dans ma vie, je vous mettrais 18. Mais vous, vous avez une position, une situation centrale. Parce que vous interrogez des gens, vous apprenez, vous faites un métier génial.
Parce qu'en fait, vous leur apprenez... Ah oui, 18. Vous apprenez des choses.
Et puis, vous les transmettez. Parce qu'en fait, la plus belle chose à faire dans la vie, c'est transmettre.
[Noémie Jobard] (1:01:18)
Du coup, c'est un peu ça que je voulais faire par la suite. Moi, j'ai essayé de digérer, de regarder, d'écouter tout ce qui s'était dit et qu'on puisse regarder ensemble du coup, si ça vaut le coup de faire les choses qu'on entend tout le temps ou pas. J'ai fait une petite liste.
Du coup, je voudrais juste que vous me disiez oui, non, utile ou pas. Le premier, c'est se laver les mains régulièrement.
[Dr Réginald Allouche] (1:01:43)
Oui, absolument. Moi, entre chaque patient, je me lave les mains.
[Noémie Jobard] (1:01:48)
Ensuite, c'est éviter les transports en commun l'hiver. Vous parlez justement de l'avion avec...
[Dr Réginald Allouche]
Non, mais si vous avez un doute, vous mettez un masque.
[Noémie Jobard]
Tout simplement.
[Dr Réginald Allouche] 
Voilà. Et un joli. Voilà, pas un truc à faire…
[Noémie Jobard] (1:02:02)
Ensuite, c'est manger de l'ail cru et des kiwis régulièrement pour renforcer son immunité.
[Dr Réginald Allouche]
Alors, l'ail cru, c'est très, très bien. Mais en fait, le problème, c'est que vous finissez seul. Ah oui, parce que ça sent pas bon.
Franchement, c'est comme les gens qui prennent... A une époque, il y avait la mode pour la soupe au chou. Au bout d'une semaine, dormir avec quelqu'un qui prend de la soupe au chou quand il transpire, c'est dur.
(1:02:27) C'est très dur. Donc, c'est bien ces conseils. Alors, les kiwis, c'est top.
(1:02:31) Parce que c'est plein de vitamine C. Et en plus, la vitamine C est naturelle, bien disponible. Mais bon, l'ail cru, good luck.
Alors, maintenant, on le trouve en complément. Donc, c'est désodorisé. Ça évite d'avoir une haleine de chacal.
[Noémie Jobard] (1:02:50)
Ensuite, c'est prendre une cuillère de miel tous les matins en prévention. Ça ne vous dit rien ? 
[Dr Réginald Allouche]
Si vous aimez ça, oui. Ce n'est pas ça qui va...
Alors, c'est vrai que dans le miel, il y a beaucoup de fructose, beaucoup de... Très bien. Et il y a les...
Parce que c'est à un côté naturel, les petites abeilles qui crachent ça. Mais bon, pas forcément. Non, mais moi, je ne suis pas...
Oui, pourquoi pas ? Bof.
[Noémie Jobard] (1:03:18)
Bof. On passe à la suite. C'est boire des shots de gingembre.
[Dr Réginald Allouche]
Si vous avez peu d'énergie, vous pouvez effectivement boire des shots de gingembre. Mais alors, pour les adeptes de la médecine chinoise, vous savez que le gingembre, vous ne pouvez pas le boire dans les périodes... C'est du chaud, je crois.
Et donc, vous ne pouvez pas prendre du chaud dans le chaud.
[Noémie Jobard] (1:03:38)
Donc, il ne faut prendre que quand c'est froid ?
[Dr Réginald Allouche]
Non, non, ce n'est pas une question de température.
C'est qu'en médecine chinoise, il y a les éléments... Alors, je ne suis pas compétent. Il y a les éléments qui sont chauds qu'il faut prendre justement quand il fait froid.
Et puis les éléments froids quand il fait chaud, c'est yin et yang. Oui, c'est ça.
[Noémie Jobard] (1:03:55)
On avait un épisode sur la macrobiotique et du coup, on en parle. Mais je ne me souviens plus exactement pour le gingembre.
[Dr Réginald Allouche]
Voilà, mais je pense que vous avez tous intérêt à regarder ce podcast parce que je ne suis pas compétent pour cela. Mais je sais en tout cas qu'il y a une petite histoire où il ne faut pas prendre des trucs chauds au moment où c'est chaud.
[Noémie Jobard] (1:04:14)
Justement, on passe après sur ce qui est froid, mettre une écharpe et ne pas sortir les cheveux mouillés de la piscine.
[Dr Réginald Allouche]
Ça, c'est vrai, parce que c'est dans les chocs de température que vous avez des proliférations dans votre gorge.
[Noémie Jobard]
Ah oui, donc ma mère avait raison.
[Dr Réginald Allouche] (1:04:31)
Elle avait absolument raison. Parce que c'est ce choc thermique qui fait le... Voilà.
[Noémie Jobard] (1:04:37)
D'accord. Ensuite, on a aéré sa maison régulièrement.
[Dr Réginald Allouche]
Absolument.
[Noémie Jobard]
Pourquoi ça...
[Dr Réginald Allouche] (1:04:44)
Parce que dans votre maison, vous avez des meubles. J'espère. Et ces meubles, ils ont souvent été traités avec des produits.
Alors, il y a même... C'est plus le problème des produits. Quand c'est du bois.
(1:04:54) Le bois... Il y a des moisissures aussi. Et les moisissures se développent quand il y a une certaine forme d'humidité.
Ou quand il n'y a pas de... Quand vous aérez...
[Noémie Jobard] (1:05:03)
Avec une température.
[Dr Réginald Allouche] (1:05:04)
C'est le grand problème aujourd'hui des règles en écologie pour la construction. Parce qu'on fait des espèces de coffres forts thermiques. C'est très bien pour économiser l'énergie.
Mais la réalité, c'est qu'il faut ouvrir. Parce que si vous ouvrez, vous faites circuler de l'air et vous changez complètement. Vous évitez les moisissures.
(1:05:26) Vous évitez plein de choses. Très sincèrement, je ne comprends pas qu'on n'ait pas pensé à ça. Alors que c'est tout simple et c'est gratuit.
On le fait depuis 20 siècles. Tout le monde aère sa chambre. Ça me paraît...
Vous voyez ? C'est comme si vous étiez toujours dans votre avion. Vous gardez tout.
Tout le temps. Concentré. L'air passe par où ?
(1:05:54) Par sous la porte ? Non, parce que maintenant, elle est très isolée. Dans les fenêtres, il n'y a pas.
Dans la cuisine, ils sont obligés de faire une aération. Dans les toilettes, il y a une VMC. Elle a bien à faire.
[Noémie Jobard] (1:06:06) 
Ce n'est pas beaucoup.
[Dr Réginald Allouche]
Je pense qu'on va revenir sur ces règles environnementales.
[Noémie Jobard] (1:06:12)
Ensuite, j'ai s'exposer au froid. Je pense à tous mes amis allemands, les fous qui dorment la fenêtre ouverte aussi l'hiver. Les pays nordiques aussi, où les bébés sont dans les poussettes dehors.
Il y a aussi quelques personnes qu'on avait mentionnées. C'est Wim Hof qui parle aussi des bénéfices santé des bains froids. S'exposer au froid, ça booste les...
[Dr Réginald Allouche] (1:06:34)
Je pense qu'il faut… Je vais être très clair. Je pense qu'il faut être né dedans. Il faut avoir l'habitude.
C'est un environnement. Moi, je suis allé en Finlande régulièrement. En Finlande, ils vous proposent un sauna.
Après, vous allez vous baigner dans le lac gelé.
[Noémie Jobard] (1:06:50)
C'est la contraste thérapie.
[Dr Réginald Allouche]
Si vous n'êtes pas formé à ça, vous êtes sûr le soir d'être complètement... C'est les chocs thermiques, mais les chocs thermiques favorables. Ce sont des gens qui ne peuvent pas faire autrement.
Au Canada, vous avez le sauna, puis on court dans la neige et on plonge dans l'eau glacée. Mais il faut être né dedans. On ne peut pas...
(1:07:14)  Ça marche pour eux, parce que c'est culturel. Il y a un sous-bassement culturel pour ça. Vous comprenez ?
Moi, je l'ai fait. Je n'aime pas. Je ne suis pas habitué comme ça.
[Noémie Jobard] (1:07:29) 
C’est pas forcément utile pour tout le monde. 
[Dr Réginald Allouche]
Je suis quelqu'un du Sud. J'aime le soleil sur ma peau. Je suis un peu... Vous trouvez votre chemin.
(1:07:37) Ce qu'il y a de merveilleux aujourd'hui, c'est qu'on a accès à beaucoup de cultures et à beaucoup d'attitudes. On peut choisir en fonction de ses envies, de ses découvertes. Par contre, il y a une chose que je voudrais dire, et je profite de l'occasion qu'il m'est donnée, c'est qu'il faut bien comprendre qu'il est plus dur pour l'homme de se refroidir que de se réchauffer.
(1:08:04) C'est-à-dire que c'est vrai que dormir dans un environnement plutôt froid permet de favoriser le sommeil. Si vous êtes couvert, bien sûr. Si vous êtes avec un drap, vous allez crever de froid.
Mais, je dis ça parce qu'il y a eu un débat sur la climatisation cet été. La France est le pays le moins climatisé des pays de l'OCDE. Mais, ah oui, ça consomme l'électricité ?
(1:08:28) Moi, je réponds se refroidir, ça n'est pas possible facilement. À un moment, les murs chauffent. Au bout de 15 jours de canicule, votre appartement est une étuve.
Et donc, pour se refroidir, il n'y a pas 36 solutions. Dans les villes, dans la campagne, on peut ouvrir, on peut faire des ventilations, on peut faire des puits canadiens pour faire la climatisation. Et donc, je pense qu'il vaut mieux demander aux gens de moins se chauffer l'hiver, et de pouvoir se climatiser l'été.
(1:08:43) Se refroidir, c'est très difficile. Et on l'a vu pour les personnes âgées, pour qui il y a eu même des déshydratations qui sont passées totalement inaperçues. Ce sont des gens que je connais, et vous leur parlez, ils ne vous répondent pas.
(1:09:22) Ce n'est pas parce qu'ils sont devenus, ils ont fait un AIT ou ils ont fait un AVC. C'est qu'avec la chaleur, vous avez ce qu'on appelle la lenteur à l'idéation. Vous n'avez plus la même vitesse du cerveau.
Parce que le cerveau va se battre contre la température. Et donc, voilà, ça c'est un vrai problème quand même. Parce que là, on est parti pour avoir des étés très chauds, et plus chauds que de raison.
(1:09:49) Et donc, il va falloir vraiment s'adapter. Sinon, on se...
[Noémie Jobard]
Faire attention à sa température pour éviter d'être malade de différentes façons.
[Dr Réginald Allouche]
Exactement.
[Noémie Jobard] (1:09:59) 
Ensuite, c'était utiliser des huiles essentielles et des tisanes. On a parlé de plusieurs cultures, c'est vrai que ça peut être utile.
[Dr Réginald Allouche]
Avec plaisir. Avec plaisir. Les huiles essentielles, c'est...
Mais attention, les huiles essentielles, c'est puissant.
[Noémie Jobard] (1:10:12)
Oui, ça peut aussi faire du mal.
[Dr Réginald Allouche]
Absolument. Si vous en mettez trop, ça peut être une catastrophe. C'est toujours le problème du zéro, vous savez, sur le tunnel.
[Noémie Jobard] (1:10:20) 
C'est le poison qui... Non, c'est la dose qui fait le poison.
[Dr Réginald Allouche]
Les huiles essentielles, ça marche. Ça marche. Il y a des grands spécialistes, il y a des gens qui ont publié des livres là-dessus.
Voilà. Mais c'est aussi une culture. D'accord ?
C'est... J'y crois. Vous savez, quand le cerveau se dit déjà j'y crois, il va beaucoup mieux.
[Noémie Jobard] (1:10:38) 
Et ensuite, j'ai fait des cures détox régulièrement.
[Dr Réginald Allouche]
Ouais. Ça... C'est-à-dire que...
C'est celui qui a écrit la méthode hépato-détox qui vous dit ça. En fait, le foie, il se détoxifie tout seul. Ce qu'il faut, c'est protéger le foie contre les choses toxiques contre lui.
[Noémie Jobard]
Il faut qu'il fasse son travail.
[Dr Réginald Allouche]
Voilà. Et d'ailleurs, il y a un truc simple de détox.
(1:11:02) Le foie, entre minuit et 5h du matin, il ne faut rien faire. Il ne faut pas manger.
(1:11:08) C'est Dr. Jekyll et Mr. Hyde. C'est-à-dire que il grossit la nuit et il va commencer à traiter certains acides gras, les mitochondries, faire des protéines et ainsi de suite. Donc si vous mangez à ce moment-là, vous bloquez sa détox à lui.
(1:11:22) Et la bonne détox du foie, vous savez ce que c'est ? C'est l'exercice. Puisque la détox du foie, elle est débit dépendante.
C'est-à-dire qu'en fait, le foie est alimenté par la veine porte. Cette veine porte, elle amène un litre et demi de sang par minute. Et plus vous augmentez ce débit, plus vous détoxifiez le foie.
(1:11:41) C'est pour ça que je travaille d'ailleurs sur le foie et qu'on travaille dans mes activités de recherche. On a mis au point, grâce à notre connaissance et pathologique, un traitement pour guérir le diabète pendant 5 ans. Une rémission du diabète pendant 5 ans.
(1:11:58) Grâce à un implant. Donc en fait, c'est... Maintenant, on a testé chez les cochons qui sont les animaux les plus proches de l'homme au niveau digestif.
Ça marche très bien. Les cochons, au bout de 8 semaines, étaient guéris. Et après, maintenant, il faut tester chez l'homme.
Ça, c'est un gros challenge.
[Noémie Jobard] (1:12:15) 
Bon courage, du coup. Le dernier, avant que je passe à la partie complément alimentaire, c'est faire régulièrement des bilans de santé, même quand ça va bien. Comme ça, on reste quand même en bonne santé.
Vous disiez tout à l'heure qu'on peut découvrir des choses en faisant juste une prise de sang.
[Dr Réginald Allouche] (1:12:32)
Oui, je suis d'accord. Une fois par an, on fait une prise de sang. Au moins une fois par an.
Ça va coûter à la collectivité 180 euros. Mais ça vaut le coup. Parce que si on découvre...
Vous savez, c'est toujours pareil. Si vous le découvrez tôt, vous pouvez tout faire. Tout est réversible.
La stéatose hépatique, le pré-diabète, le SOPK, la résistance à l'insuline, tout ça, c'est réversible. Mais si vous n'y faites rien, un jour, ça devient irréversible. Trop tard.
(1:12:59) Il y a un effet cliquet chez l'homme.
[Noémie Jobard]
C'est ce que vous disiez sur votre livre.
[Dr Réginald Allouche]
Je ne suis pas malade, je ne suis pas malade. Clac, je suis malade. Là, vous êtes malade.
(1:13:08) C'est-à-dire que votre organisme et votre cerveau ont choisi une autre voie métabolique. Et là, vous êtes coincé. Vous êtes malade.
[Noémie Jobard] (1:13:17) 
On peut passer au moment des compléments alimentaires. Vous me dites juste, oui, non, pas forcément, bof. C'est prendre la vitamine C dès les premiers symptômes pour éviter le rhume.
[Dr Réginald Allouche]
Oui, mais ce qu'il y a de mieux, c'est que dès qu'on sent que ça ne va pas très bien, on la prend. Donc, même un petit peu avant. Et à bonne dose.
Il ne faut pas être trop bas.
[Noémie Jobard] (1:13:40)
1000 mg on dit.
[Dr Réginald Allouche]
Voilà, au moins.
[Noémie Jobard] (1:13:44) 
Ensuite, prendre la vitamine D en hiver.
[Dr Réginald Allouche]
Moi, je dis tout le temps. Surtout si on a une peau sombre. Parce que la peau sombre capte moins de vitamine D.
[Noémie Jobard] (1:13:56)
Prendre une multivitamine en hiver.
[Dr Réginald Allouche]
Alors, ça dépend du dosage des multivitamines parce que vous avez beaucoup de multivitamines où il y a 30 produits, mais ils sont à des doses qui ne sont pas actives.
[Noémie Jobard]
Donc, on utilise plus de l'argent que…
[Dr Réginald Allouche] (1:14:12)
Oui, enfin, voilà.
Mais il y a des gens qui sont très rassurés avec ça. Qui ne veulent pas changer parce qu'ils sont... Mais si ça les rassure, c'est super.
Leur cerveau va bien.
[Noémie Jobard] (1:14:22)
Ensuite, prendre du zinc ou des probiotiques pour booster son immunité.
[Dr Réginald Allouche]
Alors, si c'est juste pour booster les probiotiques, oui. Si c'est pour modifier son microbiote, moi, j'y crois pas beaucoup. Parce que je rappelle que les probiotiques, ce sont les germes eux-mêmes.
(1:14:42) Et les germes que vous pouvez avaler, ce sont ceux qui sont aérobis, qui vivent à l'air. Sinon, dans le flacon, ils seraient morts. Et il faut savoir que nous avons 95% de germes dans notre tube digestif qui sont anaérobis et que 5% qui sont aérobis.
(1:14:59) Donc, si vous manquiez d'aérobis, c'est bien. Si vous ne manquiez pas, voilà. Par contre, pour booster l'immunité, ça peut aider parce qu'il y a effectivement des bactéries dans votre tube digestif qui vont vous aider à combattre les maladies.
(1:15:14) Ça, c'est sûr. Vous savez, le microbiote, il n'aime pas beaucoup les intrus. Les pas connus.
Donc, quand il y a des pas connus, eh bien, ils se battent. Ça ne rigole pas. C'est le cas.
(1:15:27) Non, non. C'est pour ça qu'il faut en faire son allié. Il faut être gentil avec son microbiote.
Il faut manger des fibres qui sont les prébiotiques. C'est pour ça qu'il faut favoriser les fibres, les légumineuses, les fruits, les légumes. Parce que ça, c'est ce que boulotte nos germes.
Voilà.
[Noémie Jobard] (1:15:45)
Et le zinc ?
[Dr Réginald Allouche]
Le zinc, oui. Parce que le zinc... Moi, le zinc, je ne suis pas un spécialiste du zinc, mais le zinc, j'aime bien faire une cure trois mois, puis arrêter deux mois.
(1:15:55) De toute façon, en général, dans les compléments, moi, c'est ce que je recommande, faire ce qu'on appelle des fenêtres, des petites fenêtres où j'arrête.
[Noémie Jobard]
Pourtant, on nous dit magnésium et oméga-3 en continu.
[Dr Réginald Allouche] (1:16:05)
Alors, magnésium, oui. Alors, il y a des formes. Il y a des grands débats sur bisglycinate, maléate, machin.
(1:16:12) Mais bon, vous avez dû faire un podcast là-dessus, j'en suis sûr. Mais il y a aussi le fait que pour les oméga-3, il faut aussi diminuer les oméga-6. En fait, oméga-3, oméga-6, c'est un équilibre.
(1:16:28) Il faut un oméga-3 pour cinq oméga-6. Et les oméga-6 sont souvent dans l'alimentation transformée? Non, et surtout dans le bétail, puisque notre bétail bovin, il est nourri avec des tourteaux de soja, maïs et tournesol, qui sont riches en oméga-6.
(1:16:44) Donc, il faut veiller déjà à diminuer les oméga-6 plutôt que de se gaver d'oméga-3. Mais les oméga-3, c'est très, très bien. Vous savez, on s'est dit pourquoi on s'est aperçu qu'en paléontologie, l'intelligence de fabrication des outils est née autour des lacs et au bord des mers.
Donc, il y a de toute façon une influence de ces acides gras issus des poissons sur notre capacité à réfléchir.
[Noémie Jobard] (1:17:10)
Donc, il vaut mieux quand même consommer des oméga-3?
[Dr Réginald Allouche]
Oui, mais en faisant, en réduisant les oméga-6. En même temps? Oui.
[Noémie Jobard] (1:17:18)
Ensuite, c'était inclure des plantes comme les adaptogènes, les champignons ou le propolis en prévention pendant l'hiver?
[Dr Réginald Allouche]
Alors, je n'y connais rien en champignons. Je sais qu'il y en a, la chavanga, des champignons qui sont très utiles. Mais le problème que j'ai avec les champignons, c'est leur origine.
(1:17:36) Est-ce qu'il y a des métaux lourds, pas des métaux lourds? Comment est-ce qu'ils ont été travaillés? La méthode à ce moment-là de la fourniture, l'industriel qui vous fournit ça, il faut vraiment qu'il soit...
[Noémie Jobard]
Donc, il faut plus faire attention à l'origine?
[Dr Réginald Allouche] (1:17:49)
Oui, et puis il faut bien comprendre parce que c'est puissant. La nature, elle est puissante. Elle nous a donné des tas de choses.
(1:17:57) Maintenant, la médecine chinoise, vous connaissez le principe, quand vous allez voir un médecin chinois, il va vous donner une prescription et vous avez une décoction dans un verre avec 40 ingrédients. Personne ne sait quel est l'ingrédient qui marche, mais ça marche. Parce qu'il y a des associations.
(1:18:13) Comme en plus, on fait bouillir, il y a des produits néoformés. Dans un champignon, il y a énormément de nutriments, de minéraux, de produits qui peuvent vous aider. Mais moi, je ne les connais pas.
(1:18:30) C'est une science. Donc, il faut vraiment faire attention. Les arbres ne vivraient pas sans les champignons qui les relient dans les racines.
Il y a vraiment toute une culture du champignon qui est très, très importante. Il y a quelque part au moins, je suis sûr, un champignon qui pourrait nous aider dans beaucoup de maladies. Mais je ne le connais pas.
[Noémie Jobard] (1:18:52)
Je vais finir bientôt ce podcast. Il me reste deux questions que je voulais absolument vous poser. On en a parlé un tout petit peu, mais c'est cette partie où on parlait d'équilibre aussi et du fait qu'il ne faut pas avoir peur.
Et c'est vrai que souvent, quand on va un petit peu plus dans le sujet, quand on fait beaucoup plus de recherches, on peut être amené à un terme qu'on a utilisé parfois, c'est l'orthorexie. C'est le fait d'en faire trop pour sa santé. On n'a pas trop mentionné les hypochondriaques aussi qui ont peur de la maladie.
Est-ce qu'en voulant en faire trop, on peut aussi tomber malade?
[Dr Réginald Allouche] (1:19:30)
Absolument, parce qu'on peut faire trop mal avec de mauvaises idées. Ce qu'il faut, c'est redécouvrir le bon sens. C'est un peu trivial ce que je dis, mais il faut avoir du bon sens.
Il faut écouter. Il ne faut pas parler, il faut écouter. L'écoute, c'est le plus important.
Il faut sélectionner ceux qu'on écoute, savoir s'ils sont dignes de confiance. Qui sont ces gens? Est-ce que ce qu'ils vous disent, c'est sérieux?
(1:19:57) Est-ce qu'ils ont des livres et qu'ils ont écrit? Parce qu'écrire un livre aujourd'hui, très sincèrement, c'est bien, on vend des livres, mais on sait très bien que ce n'est pas le but. Mais quand vous écrivez un livre sur le sucre ou sur le foie, vous devez connaître votre sujet.
(1:20:13) Donc, c'est un peu une preuve que vous connaissez votre sujet. Regardez les livres sur le foie aujourd'hui qui sortent, les gens sont des gens sérieux. Donc, quand ils vont vous faire un podcast ou quand ils vont faire une interview, vous pouvez vous dire, bon, le gars ou le docteur, la naturopathe, elle sait de quoi elle parle, parce qu'elle a écrit.
Parce que quand on écrit, un, c'est jugé et ça reste.
[Noémie Jobard] (1:20:39) 
Vous ne pouvez pas le retirer.
[Dr Réginald Allouche]
Vous ne pouvez pas dire, attendez, non, je me suis trompé. Et on se trompe souvent. D'accord ?
(1:20:47) Et puis on prend des... Il y a des vérités aujourd'hui qui ont été... Le cholestérol, il a été pendant 50 ans, on a dit que c'était les graisses le problème.
On sait bien que ce n'est pas les graisses le problème aujourd'hui. Tout ça, ça a été une grande... C'est n'importe quoi ce que ça a été.
(1:21:04) On a protégé le sucre. Et le sucre, ce n'est pas un ennemi. Mais il faut qu'on soit parcimonieux, qu'on ait du bon sens sur le sucre.
Ça ne veut pas dire plus jamais. Ça veut dire... Mais par contre, ce qui est, je trouve, très toxique, c'est que vous ne savez pas où il est.
(1:21:21) On vous le cache. Il n'y a pas de complot. Il n'y a que du chiffre d'affaires.
Le complot serait tellement bien, il y aurait des responsables qui hiérodisent dans des caves. Des gros complots. Mais ce n'est pas ça.
C'est beaucoup plus simple. C'est beaucoup plus bête que ça. C'est le gain.
(1:21:37) Quand vous avez... Quand vous mettez du sucre dans l'eau des cornichons, vous achetez un produit salé, on vous met du sucre dans l'eau des cornichons, l'industriel se dit, je vais couvrir un peu les acidités, les gens vont aimer. C'est vrai.
Mais moi, je n'achète pas un produit pour qu'il y ait du sucre dedans. Voilà. Et il n'y a pas de complot.
Vous savez, quand vous visitez les usines agroalimentaires, vous n'avez pas des grands méchants qui sont là. C'est pas du tout ça. C'est des gens qui font leur job.
(1:22:06) Ils respectent des règles. Mais quelles sont les règles sur le sucre aujourd'hui ? On reboucle avec ce qu'on a dit au début.
Quelles sont les normes ? Dites-moi quelles sont les normes. Il n'y en a pas.
Donc en fait, la responsabilité, elle est multiple. Elle n'est pas seulement l'industriel. Voilà.
[Noémie Jobard] (1:22:24)
Je vois aussi beaucoup dans les discours des gens qui viennent à nos micros qu'il y a de plus en plus de maladies chroniques dont on a mentionné qui sont découvertes. Les gens ont l'impression qu'ils sont un peu plus malades, que les problèmes de digestion, c'est le mal du siècle. Beaucoup de dérèglements hormonaux aussi.
Pourquoi avoir choisi de vous concentrer, vous, sur les maladies métaboliques ? Est-ce que pour vous, c'est le mal du siècle ?
[Dr Réginald Allouche] (1:22:59)
Non, ce n'est pas le mal du siècle. Le grand avantage des maladies métaboliques, c'est qu'elles sont réversibles. Et un médecin, ce qu'il a envie, c'est que les gens ne tombent pas malades.
Moi, je fais partie des médecins. Qu'ils aillent mieux, qu'ils ne tombent pas malades ou qu'ils puissent vivre confortablement avec leur maladie. Moi, c'est pour ça que j'ai choisi les maladies métaboliques.
(1:23:21) Parce qu'en fait, les maladies métaboliques, c'est simple. C'est ce que je rentre dans ma bouche et comment je brûle ce que j'ai rentré. C'est simpliste, mais ce n'est pas plus compliqué que ça.
Oui, c'est compliqué, mais vous voyez ce que je veux dire ? Si vous êtes capable d'expliquer à votre patient que l'impact de ce qu'il met dans sa bouche est important, et même que l'état de sa bouche est important, l'état dentaire de sa bouche est important, à ce moment-là, et que s'il a mangé un gros truc, que s'il ne bouge pas, ce truc va être stocké, parce que nous sommes les enfants et arrière-petits-enfants des stockeurs. Je me rappelle que pendant des millénaires, il y avait des famines et des épidémies.
(1:24:07)  Donc nous, si on se parle, c'est que nos arrières-parents étaient survivants. Pourquoi ils étaient survivants ? Parce que dès qu'ils mangeaient un truc, ils le gardaient.
Parce qu'à l'époque, celui qui ne gardait pas, qui ne stockait pas, il n'avait pas de descendance. Il n'avait pas assez d'énergie. Il ne pouvait pas.
Il n'avait pas de fertilité. Voilà. En fait, nous sommes les descendants des stockeurs.
(1:24:28) Maintenant, le problème, c'est que tout a changé. C'est qu'il y a de l'alimentaire partout. Le magasin de chaussures en bas de chez vous, quand il va fermer, ça va être une supérette.
Regardez dans les rues de Paris. C'est-à-dire que tous les magasins d'utilité, que ce soit les pressings, les ventures de chaussures, les librairies, sont fermées. Et c'est des supérettes.
(1:24:52) Est-ce que c'est essentiel ? Non, ce n'est pas ça. Parce que c'est réglementaire.
Parce que vous ne pouvez pas avoir d'hypermarché dans Paris. Donc, en fait, on a développé des tas de boutiques de relais. Et maintenant, vous n'avez même plus besoin de vous déplacer parce qu'il suffit d'avoir votre application, prenez votre téléphone, et vous dites « Livrons-moi ça ».
Donc, je ne vais même plus faire mes courses. Je ne sais même plus ce que je mange. Parce que j'ai un produit transformé déjà.
D'accord ? Et on me le livre. Donc, je ne bouge plus.
(1:25:22) Il y a un impact. C'est pour ça que les maladies métaboliques, elles ne sont pas là par hasard. Elles sont là parce que il y a eu des changements sociétaux fondamentaux.
Restez chez vous, en gros, aujourd'hui. Restez chez vous. Et moi, je dis « Sortez de chez vous ».
(1:25:38) Et vous serez peut-être moins malade, du coup. Non, c'est-à-dire que si vous faites marcher, vous marchez, et si vous courez, si vous bougez, si vous nagez, si vous faites du vélo, et ainsi de suite. Parce que même le vélo, on l'a rendu électrique.
Même le vélo, on l'a rendu électrique. Franchement. Alors, je sais bien qu'à Paris, il y a des montées, des descentes.
Mais enfin, à un moment, quoi. Donc, si vous ne faites pas ça, ne vous étonnez pas. Votre organisme, il est un épargnant.
Il garde tout sous forme de gras. Vous pouvez avoir ce qu'on appelle les « Toffees ». En anglais, vous savez.
(1:26:14) C'est « thin outside and fat inside ». C'est-à-dire que des gens sont minces, mais en fait, ils n'ont pas de muscles, ils ont du gras. Et ceux-là, on sait très bien qu'à 40, 50 ans, il va se passer un truc.
Toffees. Donc, il faut prendre soin de soi. Oui, absolument.
[Noémie Jobard] (1:26:32)
Il faut faire attention à ce qu'on fait. En tout cas, merci pour votre pédagogie, votre éclairage. J'espère qu'on pourra appliquer tous ces conseils pour ne pas tomber malade et en tout cas qu'on ne puisse pas découvrir d'autres choses dans le futur.
Je touche du bois, je croise les doigts. Pour aller plus loin, on peut se plonger dans votre bibliographie. Là, on n'a qu'une seule partie de votre bibliographie, dont le nouveau ouvrage.
[Dr Réginald Allouche] (1:27:01)
J'adore le Sucre ennemi public numéro un. Et là, j'explique pourquoi, parce que les capteurs glucose, par exemple, sont intéressants. Parce qu'on peut très bien, à 30 ans, manger une pizza et ne pas avoir de pics de glycémie.
Et à 50 ans, manger la même pizza et avoir des pics de glycémie sans aucun symptôme. Et ça, si on le sait suffisamment à l'avance. Et d'ailleurs, dans ce livre, il y a justement, dans le Sucre ennemi public numéro un, des menus type.
(1:27:32) On met un capteur pendant 14 jours et on teste. On regarde. On le fait une fois tous les 5 ans.
Un capteur, ça vaut 50 euros. On le fait, ça dure 14 jours, on peut se laver avec et on boit. Si tout va bien, tout va bien.
[Noémie Jobard] (1:27:45)
En tout cas, chez nous, on est là aussi pour tester, donc je serais aussi curieuse. C'est ce genre de livre aussi que vous pouvez mettre sous le sapin. Je sais que c'est un peu tôt, mais en tout cas, voilà, en plus de son naturel aussi, on peut vous retrouver sur les réseaux sociaux, sur YouTube, on mettra tout en description.
Est-ce qu'on peut prendre rendez-vous aussi avec vous?
[Dr Réginald Allouche]
Alors moi, je ne prends plus de nouveaux patients. Pourquoi? Parce que d'abord, parce que j'ai mon activité de chercheur qui me prend beaucoup de temps.
(1:28:19) Et puis, quand on prend un patient en charge, on le prend pour tous les deux mois. Tous les deux mois, il faut le voir, il faut le suivre. Parce que moi, je vois beaucoup de gens qui ont des stéatoses hépatiques réversibles et donc voilà, je suis très fier de voir mes stéatoses être totalement disparaître.
C'est une satisfaction incroyable.
[Noémie Jobard]
On est ravis pour ces patients qui vous suivent. Avant de partir, n'oubliez pas de nous laisser un petit commentaire, un like, de partager l'épisode avec une personne de votre entourage à qui ça pourrait être utile. En attendant le prochain épisode, prenez soin de vous avec ce natural.
Merci encore.
[Dr Réginald Allouche]
Merci de votre accueil.
[Noémie Jobard] (1:29:05)
Petite question bonus, est-ce que vous voulez dire ce que vous prenez vous en tant que complémentaire? Absolument.
[Dr Réginald Allouche]
Moi, je prends tous les matins, je prends de la vitamine C, du zinc, la vitamine D, je la prends tous les 15 jours. Moi, je n'ai pas fait tous les jours. C'est mieux tous les jours.
Mais moi, tous les 15 jours, ça me va très bien. Ça maintient ma vitamine D. Qu'est-ce que je prends d'autre?
Je prends du natto.
[Noémie Jobard]
Ah oui, natto kinase ou natto frais?
[Dr Réginald Allouche] (1:29:33)
Non, natto frais. Comme les gens du Japon. Je pense que même si ça ne sent pas bon, c'est pas grave.
Moi, j'ai l'habitude maintenant depuis des années. J'adore pas ça. Mais vous savez, le subtilis natto, c'est un germe qui fermente sur ces petits grains de soja.
Vous en prenez 4-5. Et ce germe, il va créer une protéine très particulière qui permet que la photocopie des anticorps ou des hormones que vous fabriquez soient bonnes. Parce que le vieillissement, c'est que lorsque vous photocopiez des éléments, les photocopies sont de moins en moins bonnes.
A 20 ans, c'est 100% qui sortent de la cellule. A 60 ans, c'est 50%, 30%. Et le natto frais permet de faire ça.
(1:30:25) C'est du natto, mais j'ai mes compléments alimentaires et mon natto. Et franchement, c'est comme un... C'est une routine de base.
C'est une routine. Plus je lis sur la vitamine C, plus je me dis que c'est bien de prendre de la vitamine C. Plus je lis sur le zinc, plus je lis sur la vitamine D.
Plus je me dis que ça vaut quand même le coup de faire ça.
[Noémie Jobard] (1:30:50)
Merci beaucoup pour tous vos conseils.
[Dr Réginald Allouche]
Mais il y a peut-être d'autres choses que je devrais prendre que je ne prends pas.
[Noémie Jobard]
Vous pourrez regarder nos autres podcasts et être inspiré par d'autres personnes.
[Dr Réginald Allouche] (1:30:59)
Je vais regarder. Vous m'avez un peu stimulé. Je vais regarder.
Mais bon, je pense que c'est bien de faire ça. Alors maintenant, moi j'ai un kiwi le matin. Vous avez autant de vitamine C que dans une pilule.
(1:31:13) Vous prenez un jus de citron, mais il faut... C'est des compléments, c'est en plus... Voilà, mais d'un point de vue estomac, parfois il y a des gens qui ne supportent pas le jus de citron le matin.
Le kiwi, oui, mais il ne faut pas qu'il soit trop acide. Si c'est trop acide, on n'en prend que la moitié. Vous voyez, il y a des tas de...
La pilule a aussi un avantage. Voilà.
[Noémie Jobard]
Merci beaucoup.
[Dr Réginald Allouche]
Merci à vous.